
Vivre...Le Centre de la deuxième chance! |
| | | Arrivée en silence {Libre | |
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Daniela Davis Ado en difficulté

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 | Sujet: Arrivée en silence {Libre Dim 27 Sep - 19:43 | |
| Une arrivée en silence...
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Il était midi lorsque mon frère me dit qu'il était temps de monter dans la voiture. Nous avions un moment avant d'arriver au centre, et il ne fallait pas que je sois en retard. Aaron avait eu la gentillesse de faire mon sac, je n'en avais pas eu la force la veille au soir lorsque ma mère m'avait dit qu'ils m'envoyaient dans ce fameux centre miracle. Un mois. C'est tout le temps auquel j'avais eu droit afin de me remettre. Un mois et déjà, mes chers parents m'envoyaient au loin, et partaient là où je voulais être. Si on m'avait laissé retourner au ranch dès la fin de ma captivité, j'aurais sûrement pu aller mieux. Peut-être. Je ne le savais pas en faite. J'étais vide depuis mon retour. Bien sûr, j'étais heureuse de les revoir tous, Aaron, ma mère, mon père... mais ce que j'avais vécu, ils ne pouvaient pas y comprendre. Cependant m'envoyer dans un centre n'était sûrement pas la bonne décision.
Alors que je montais à l'arrière, dans la voiture, Aaron se mit à côté de moi, me prenant la main. C'était le seul qui m'avait montré à quel point je lui avais manqué. Il ne cessait de venir me voir dans ma chambre, m'ouvrait les volets, et m'emmenait dans le petit parc derrière l'appartement que nous habitions afin de jouer au basketball. Il allait terriblement me manquer, je le savais. C'était la seule personne à qui j'avais adresser un mot depuis que je savais que j'allais au centre. Lui non plus ne comprenait pas cette décision, mais il m'avait confié que les parents se sentaient coupables de ce qu'il m'était arrivé. À vrai dire, j'accusais souvent mon père pour cela. Après tout, s'il n'avait pas accepté de prendre ce procès, rien de tout cela ne serait arrivé. Je lui jetai un coup d'oeil au rétroviseur alors qu'il était en train de conduire, il me sourit, et je détournai la tête.
Il était 16 heures lorsque nous sommes arrivés. Je pris mon sac dans le coffre, fit un signe de la main à mes parents et serrai mon frère dans mes bras. Je sentais que ma mère était déçue par cela, mais elle n'insista pas, ne voulant pas m'énerver. Elle accompagna mon père à l'intérieur, ils allaient sûrement discuter avec quelqu'un en charge dans cet endroit. Pendant leur absence, Aaron m'encouragea, me disant qu'il m'écrirait, qu'il allait tout faire pour me donner des nouvelles et une larme coula sur sa joue, à l'unisson de celle qui coulait sur la mienne. Lorsque mes parents revinrent, je lâchai la main de mon frère, leur fit un mince sourire et me retournai vers ce qui allait être ma demeure temporaire. Franchissant le seuil, je séchai mes yeux embués et je regardai autour de moi. Un escalier, des portes, des gens. Serrant les dents, je décidai de me diriger vers les escaliers. _________________  |
|  | | Camille Rose Médecin

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Dim 27 Sep - 20:33 | |
| [désolée, mais je suis pas très inspirée ce soir et j'ai du boulot  ] Accueillir une nouvelle adolescente. Normalement, c'était à Amy que revenait cette tâche mais elle était absente aujourd'hui. Les éducateurs, très peu nombreux, avaient des rendez-vous, les psychologues aussi... restaient les médecins. Camille n'ayant pas de rendez-vous, elle avait donc accepté de s'occuper de la demoiselle qui devait arriver dans... une minute. Mais euh ! Pourquoi l'avait-on prévenue aussi tard ?! Bon, tant pis Camille, ne râle pas et fonce.Sortant en hâte de l'infirmerie, elle se dirigea vers le secrétariat pour regarder le prénom et la chambre de la jeune fille. Daniela Davis. Chambre 6. Enregistrant ces informations, elle alla dans le hall, cherchant du regard une adolescente qu'elle ne connaissait pas et qui ne semblait pas connaître les lieux non plus.Là-bas. Une jeune fille regardait autour d'elle, s'essuyant les yeux et s'avançant vers les escaliers, apparemment sans trop savoir où elle allait. Doucement, Camille s'approcha d'elle puis, arrivant à sa hauteur, lui parla d'une voix douce, souriante et chaleureuse."Bonjour, tu dois être Daniela, je me trompe ?" |
|  | | Daniela Davis Ado en difficulté

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Dim 27 Sep - 20:58 | |
| [Pas de soucis.. le boulot avant tout]
Alors que j'allais arriver près des escaliers, une grande brune se posta devant moi. Il fallait avouer qu'elle était magnifique avec ses longs cheveux bruns. Elle me faisait un peu penser à ma mère d'ailleurs. Elle aussi avait cet air assez doux au fond de ses yeux. Mon père, c'était totalement différent. Il avait quelque chose de féroce dans le regard, un air autoritaire qui allait avec son boulot. Mais ma mère, elle avait toujours eu ce regard bienveillant, même lorsque j'avais refusé de la serrer dans mes bras avant d'entrer ici. Je savais déjà que j'allais regretter mon geste, mais pas pour le moment, pas en face de cette dame. Déjà elle savait mon nom. À sa question, je hochai de la tête pour lui signifier que oui, je suis bien Daniela, et que non, elle ne se trompait pas, puis je pinçai mes lèvres. Étais-je sensée sourire ?! Lui demander qui elle était ?! Y avait-t-il quelque chose que je devais faire ?! Je ne le savais pas. Timidement, je lui adressai la parole, uniquement pour savoir à qui j'avais affaire.
« Et vous ?! »
Deux mots ne suffisaient pas pour qu'elle puisse remarquer mon accent lorsque je parlais français. C'était bien, très bien. Je n'avais pas envie qu'on me catalogue comme la petite étrangère. Fière de moi-même, je posai mon sac à terre, gardant ma guitare dans son étui sur mon dos, attendant qu'elle me réponde... ou pas. Peut-être allait-elle faire comme moi et devenir muette à son tour. En tout cas, si elle savait comment je m'appelle, elle devait aussi savoir que je ne parlais pas, ou très peu, quand l'envie me prenait. Elle devait aussi savoir ce que j'avais vécu, et ça, c'était la meilleure partie, parce qu'ainsi, je n'aurai pas à lui raconter. Même si au fond, personne ne savait exactement ce que j'avais vécu, étant donné que j'avais refusé de le raconter à qui que se soit. Je regardai un peu derrière elle, observant les lieux. C'était plutôt joli ici, mais je n'étais pas sûre que cet endroit me plairait.
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|  | | Camille Rose Médecin

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Ven 2 Oct - 15:49 | |
| Camille ? Magnifique ? Elle aimait bien ses cheveux et en prenait grand soin, oui, depuis que son fils avait été sauvagement agressé et qu'il était resté dans le coma, elle avait pris cinq kilos qu'elle n'arrivait pas à perdre. Elle ne se lançait pas dans un régime draconien mais devait bien avouer qu'elle préfèrerait retrouver son ancien poids, elle n'aimait pas ces petites joues rondouillettes et aimerait bien ne pas avoir à renouveler toute sa garde-robe quand même... D'autant plus qu'elle voulait plaire à Loïc avec qui elle sortait de nouveau depuis peu.Cependant, kilos supplémentaires n'étaient pas synonymes de dépression pour Camille qui, depuis que son fils allait mieux et qu'elle avait retrouvé Loïc, avait retrouvé le sourire et un certain éclat dans son regard. Et ça, elle ne les cachait pas du tout, au contraire. Quant à l'histoire de Daniela, et bien à vrai dire, Camille n'en savait rien. Il fallait être le référent de la jeune fille pour pouvoir accéder à son dossier complet et Camille, en tant que médecin, n'avait accès qu'aux informations concernant le domaine médical : il fallait bien prendre en charge l'adolescente s'il lui arrivait quelque chose, après tout."Je suis Camille Rose, médecin ici. Je vais t'aider à t'installer et te faire visiter un peu le Centre, tu veux bien ?"Non, Camille n'avait pas remarqué l'accent de la jeune fille et n'aurait de toutes façons fait aucune remarque sur ce point. Elle aurait plutôt admiré l'adolescente d'avoir une double culture et de parler deux langues, elle aurait adoré être dans le même cas qu'elle... Mais française à 100%, elle n'avait qu'appris l'anglais et l'espagnol au lycée et n'avait pas un excellent niveau, même si niveau grammaire et vocabulaire, elle n'avait pas tout oublié quand même.Le Centre était joli, oui, ayant été rénové récemment. Mais malheureusement, qui dit bel endroit ne dit pas forcément endroit agréable... surtout pour les adolescents qui avaient tous plus ou moins de mal à s'y adapter et à suivre les règles. |
|  | | Daniela Davis Ado en difficulté

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Mer 7 Oct - 22:08 | |
| Médecin. Heureusement qu'il y en avait. On ne sait jamais ce qu'il peut arriver dans un tel endroit. Elle voulait m'aider pour m'installer et faire la visite du coin. Euh, je n'avais besoin que de poser mon sac dans un coin et qu'on m'y laisse. J'avais l'habitude depuis que j'étais rentrée à la maison, tout le monde m'évitait un peu, et de toutes façons, moi-même j'évitais les gens. Leur présence m'était douloureuse, en partie car je pouvais lire dans leurs regards la souffrance que je leur imposais. Quand ma mère était près de moi, j'entendais presque les questions qu'elle se posait. Quand c'était mon père, je sentais les remords. Où peut-être était-ce le fait que je le prenais pour le coupable ? Enfin bref. C'était pareil avec tous les gens que je cotoyais. Je me sentais mal près des autres. Quoi qu'il en soit, apparemment, j'allais devoir faire un effort et rester un moment avec cette jolie brune.
« Okay. »
Mon sac sur le dos, je ne cessais de me battre avec ma petite voix intérieure qui ne cessait de me dire que je devrais l'envoyer balader, simplement aller dans ma chambre et y rester, car c'est là que je passerais le plus clair de mon temps. Cette même petite voix qui m'avait susurré à l'oreille que personne ne se souciait de moi lors de ma captivité. Secouant la tête, je pris mon sac et fis un maigre sourire à Camille.
« Je vous suis. »
Je sentais que mon séjour ici ne serait pas une partie de plaisir. Mais de toutes façons, rien ne pouvait être pire que ce que j'avais déjà vécu. Au fond, j'étais comme morte, et rien ne pourrait y changer. On m'avait volé les plus belles années de ma vie, on m'avait volé tant de choses... et rien ne pourrait me les rendre. Je suivis sagement le docteur qui allait sûrement me montrer ou j'allais dormir, puis me faire la visite.
« Vous êtes ici depuis longtemps ? »
Ma maitrise de la langue était encore loin d'être parfaite, et la boule d'angoisse que j'avais dans l'estomac m'empêchait de trouver mes mots. J'étais tellement angoissée que j'en tremblais comme une feuille. On m'avait libérée d'une prison pour me remettre dans une autre prison. C'était le comble de l'ironie.
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|  | | Camille Rose Médecin

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Lun 12 Oct - 21:56 | |
| Personne ne se souciait de Daniela ? Ca, c'était là où elle était avant, sûrement. Au Centre, ce serait bien différent. Le personnel n'était pas que compétent, il était également dévoué et c'était là sa plus grande qualité. Le Centre était répandu pour le suivi qu'il assurait aux adolescents et sa dimension humaine. Même s'ils étaient nombreux, tous avaient leur place et méritaient d'être aidés, sans aucune exception."C'est par là alors."Lui souriant, elle lui désigna d'un signe de tête l'étage avant de commencer à gravir le grand escalier.Le séjour au Centre ne serait pas une partie de plaisir, non, mais il n'y avait pas de raison pour que ça se passe mal. Il lui faudrait un peu de temps pour s'habituer à cette nouvelle structure, mais elle pourrait rencontrer de nouvelles personnes qui pourront devenir ses amis. Peut-être rencontrerait-elle même un petit ami, qui sait ? Et si le Centre Vivre s'appelait ainsi, c'était bien parce que son but était d'offrir une nouvelle vie aux adolescents, les aider à oublier leur vie passée afin qu'ils puissent connaître le bonheur qui est bien souvent caché, mais qui existe bel et bien."Un an et demi à peu près."Camille remarquait que Daniela avait du mal à trouver ses mots. Quant à son accent, elle l'avait remarqué, oui, mais n'y prêtait guère attention, d'autant plus que l'adolescente avait vraiment l'air mal à l'aise. Si mal à l'aise, qu'elle en tremblait."Tu es sûre que ça va ?" |
|  | | Daniela Davis Ado en difficulté

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Mar 13 Oct - 18:16 | |
| J'avoue que pour le moment, je me bats encore bien trop, que se soit avec moi-même, ou avec qui que se soit qui chercherait à être sympa avec moi. Je ne voulais qu'une seule et unique chose, qu'on me laisse tranquille. De toutes façons, je n'avais pas envie de parler, je n'avais pas envie d'être là, je ne voulais rien, absolument rien. De toutes façons, ce n'était sûrement pas un centre comme celui-ci qui allait m'aider. Ils allaient faire quoi ?! Tenter de me persuader de raconter mes malheurs, de dire ce qu'on m'avait fait durant ma captivité, et puis me convaincre que la vie est belle ? Non, ça n'allait pas marcher. De toutes façons, je comptais passer le plus clair de mon temps dans mon lit, alors voilà. Au moins, je n'embêterai personne. J'étais habituée de toutes façons, pendant ses derniers mois, si j'avais prononcé une phrase, c'était beaucoup. Il m'était interdit de parler, donc, je ne parlais pas. Cela avait étonné ma mère que je sois si muette à mon retour, mais j'avais mes raisons. Alors que je suivais Camille, je repensais à ses moments, lorsque ma mère me demandait si je n'avais rien à dire sur tel film que nous venions de voir, ou sur tel évènement. Ma réponse était toujours la même : un hochement de tête.
Montant dans l'escalier que je m'apprêtais à prendre avant la venue du docteur Rose, la jeune femme répondit à la question que j'avais osé lui poser. J'avais perdu l'habitude à ce qu'on me réponde, ou tout simplement à ne pas me prendre de gifle droit derrière. Elle était donc là depuis un an et demi. Elle avait dû en voir des choses. Est-ce que j'allais avoir à faire à elle ?! Après tout, j'avais quelques problèmes dont personne n'était au courant, notemment la drogue, mais il y avait aussi mon asthme qui me valait souvent des passages chez le médecin. D'ailleurs, est-ce que j'avais bien pensé à mettre mon inhalateur dans ma poche ? Je l'espérais, car je ne savais jamais lorsque j'allais en avoir besoin. D'une main tremblante, je vérifiai en tâtonnant et je sentis l'objet dans la poche de ma veste. Ouf. Récupérant le fil des évènement, je me rendis compte qu'il fallait bien que je fasse un signe au docteur qui m'avait répondu si gentillement, alors je lui fis un petit sourire. À nouveau, je n'avais pas envie de parler. Elle allait devoir se contenter de ça. Elle avait toujours l'air gentille en tout cas. Elle allait sûrement déchanter lorsqu'elle se rendrait compte de ce que j'ingurgite. Cette pensée me rendait encore plus mal à l'aise que je ne l'étais déjà, et malheureusement, le docteur semblait avoir remarqué que je n'allais pas très bien.
« Oui, ça va. »
Je crois que j'essayais de me convaincre autant que j'essayais de persuader le médecin que c'était vrai. Il ne fallait pas que je craque, pas maintenant. Enfonçant ma main libre dans ma poche, je resserrai ma prise autour de mon sac afin de tenter de moins trembler.
« Je... ne vous en faites pas. »
Comment expliquer que j'étais super angoissée de me retrouver plongée au milieu de gens inconnus, ne sachant absolument pas ce qu'on allait me faire ? J'avais déjà vécu une telle frayeur, et je ne voulais pas que cela recommence.
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|  | | Camille Rose Médecin

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Mar 13 Oct - 21:45 | |
| Malheureusement, Daniela ne sera pas tranquille ici. Qu'elle manque un rendez-vous avec son référent, son psy ou son éducateur une fois passe encore... mais dès la deuxième fois, l'adulte qu'elle devait voir venait en personne la chercher, non pas pour la gronder mais pour qu'elle aille à son rendez-vous et qu'elle parle un peu. Un bon suivi était vraiment important pour les adolescents, que ce soit un suivi médical ou psychologique, et les bons résultats du Centre montraient que leurs méthodes fonctionnaient. Alors ça ne serait certainement pas pour Daniela qu'ils feraient une petite exception. Et si elle restait toujours dans son lit, tant mieux, au moins, ce sera plus facile pour la trouver et s'occuper un peu d'elle. Mais le mieux serait quand même qu'elle s'occupe et fasse des activités. Il y avait les salles de musique et de danse, le gymnase, la bibliothèque, le parc... et d'autres adolescents avec qui elle pourrait sympathiser.Quant à savoir si Daniela allait avoir à faire à Camille... sûrement. Même si elle ne la choisissait pas comme référente, elle la verrait à l'infirmerie soit pour les petits ou gros bobos de l'âme ou du corps, soit pendant les visites médicales de suivi obligatoires au moins une fois par mois, plus si son état de santé le nécessitait.Et pourtant, si Daniela ressentait le besoin de craquer, il ne fallait pas qu'elle se retienne... Elle ne pourrait pas tenir et s'en sortir si elle gardait tout pour elle. Craquer un peu pourrait lui faire un peu de bien, d'autant plus que l'arrivée au Centre était souvent éprouvante, Camille s'en doutait bien."Je suis médecin Daniela, difficile pour moi de ne pas m'inquiéter quand quelqu'un semble aller mal."Comment l'expliquer ? En utilisant les premiers mots qui lui venaient à l'esprit, c'était souvent la solution la plus simple.Regardant la jeune fille, elle réalisé que son sac devait être assez lourd, aussi lui proposa-t-elle son aide pour monter les escaliers et même aller jusqu'au dortoir."Tu veux un coup de main pour ton sac ?"Déjà, elle s'apprêtait à prendre une anse pour l'aider.Puis, arrivées en haut des escaliers après une rude ascension, elle désigna d'un geste de la main le couloir qui se dévoilait à leur droite."De ce côté, tu as les dortoirs des filles. Je te ferai visiter le reste de l'étage après, on va d'abord poser ton sac dans ton dortoir." |
|  | | Daniela Davis Ado en difficulté

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Mer 14 Oct - 16:50 | |
| Difficile de cacher quoi que se soit à un médecin. Elle avait tout de suite vu que je tremblais comme une feuille et malgré ma tentative pour la tranquiliser, cela n'avait pas fonctionné. Pas étonnant après tout, elle était docteur. Je me disais cependant que j'essayais également de me convaincre moi-même que ça allait, que tout allait bien se passer, essayer de faire taire cette petite voix qui me parlait dans ma tête et me disais que les choses ne se passeraient pas bien, que j'allais encore souffrire, et que j'étais de retour dans une prison. C'était un lourd combat entre moi et moi-même et tantôt c'était la partie raisonnable qui gagnait, tantôt c'était l'autre partie, la pessimiste, celle qui me poussait parfois à me lever en plein milieu de la nuit pour sortir dans le jardin, histoire de reprendre mon souffle. Cette même petite voix qui me disait de me mettre à courire dans la prochaine dizaine de minute, afin de partir le plus loin d'ici, quitte à devoir laisser mon sac et la marque de mes chaussures sur le sol. Celle qui me disait que j'étais nulle, et que personne ne s'intéressait à mon pauvre petit sort, que je ne méritais pas de vivre, que j'aurais dû me laisser mourire plutôt que de me battre pour vivre pendant tout ce temps. Après tout, lorsqu'on voit ce qu'est devenu ma vie, on peut se demander pourquoi je me suis autant battue, pourquoi j'ai refusé de me taire parfois, quitte à ce qu'on se serve de moi comme cendrier géant, pourquoi j'ai hurlé des nuits entières afin qu'on me libère. Pourquoi ai-je fait tout cela, si c'est pour devenir celle que je suis devenue depuis ? Une personne que je ne reconnais pas, que je n'aime pas, que je n'étais pas. Je me sens morte et les rares moments ou j'ai l'impression de revivre, c'est lorsque je suis en plein trip à cause d'une drogue, ou que je mange tout ce qui me passe sous la main. Parfois aussi, lorsque je suis avec ma guitare, seule. Ce sont les seuls moments de répit que j'ai. Le reste du temps, je suis sur mes gardes, angoissée, stressée, apeurée, comme en ce moment. Cela ne pouvait tout simplement pas échapper à l'oeil d'expert de Camille, et malgré ma tentative pour noyer le poisson, elle eut la gentillesse de me ramener un peu sur terre et de me rappeler que je n'avais pas le monopole de la vérité.
« Je suis un peu nerveuse. »
C'était un euphémisme, mais c'était toujours plus convainquant que ma lamentable tentative de dissimulation. La petite voix dans ma tête me disant que le docteur n'allait pas s'y laisser prendre, que j'étais une terrible menteuse, mais je me disais que mon excuse passerait bien. Apparemment, j'allais être tout le temps sous les regards de gens compétents qui sauraient rien qu'en me voyant ce qu'il se passe. J'étais mal barrée puisque je ne savais pas mentir, tout du moins, c'est ce que me répétait sans cesse cette petite voix, celle que je tentais d'ignorer mais qui était toujours présente. Elle était tellement présente dans ma tête que j'en avais eu du mal à comprendre ce que me disait le docteur Rose. Je ne compris qu'au moment où elle s'empara d'une anse de mon sac, afin de m'aider à le porter. Il était un peu lourd, surtout à cause des livres que mon frère y avait mit, de peur que je ne m'ennuye ici. Il était adorable, et il me manquait déjà terriblement. L'idée de ne pas le revoir avant un moment me donna des frissons, et une grande tristesse s'empara de moi pendant un moment. Cependant, je n'oubliais pas les bonnes manières, alors je regardai Camille et lui fit un sourire pour la remercier de m'aider. Puis, je me mis à marcher à ses côtés, montant les escaliers jusqu'au premier étage. Elle m'indiqua qu'à droite, c'était le côté des filles. Heureusement, nous étions séparés des garçons, une bonne, très bonne idée. Ensuite, nous sommes allées jusqu'à mon dortoir, là ou j'allais passer le plus clair de mon temps, et surtout, là ou j'allais passer mes nuits agitées.Je savais qu'un dortoir voulait dire qu'il y avait donc plusieurs personnes à l'intérieur d'une chambre, et que j'allais donc être avec plusieurs filles. Un peu inquiète, je me demandais combien de personnes au juste il y aurait dans la chambre, car j'avais tendance à être bruyante pendant la nuit, et je ne voulais pas réveiller tout le monde. Alors pendant que nous avancions, je levai la tête timidement vers Camille.
« Madame Rose, combien de filles il y a ? »
Devais-je avertir tout de suite que j'avais des nuits agitées ? Peut-être qu'ils me mettraient dans une chambre toute seule, et cette idée était encore plus insupportable que celle de déranger tout le monde. Alors non, il valait mieux que je ne dise rien. Alors que nous passions devant la chambre numéro 3, je continuai de parler, de ma toute petite voix rauque.
« Dans la chambre je veux dire. Nous serons beaucoup ? Parce que... euh... j'ai ma guitare et je ne veux pas déranger les autres. »
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|  | | Camille Rose Médecin

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Ven 16 Oct - 20:28 | |
| Daniela avait raison de se dire qu'elle allait bien, ou du moins qu'elle pouvait aller bien. C'était une méthode très utilisée... mais seulement en psychologie. La méthode Coué. Seulement, en médecine, si bon nombre de symptômes disparaissent avec l'évacuation du stress ou de tensions, ce n'est pas le cas pour tout et il valait mieux consulter un médecin avant que ça ne s'empire et devienne difficile à traiter. C'était difficile pour les médecins de faire comprendre cela à leurs patients. Ils étaient souvent vus comme des monstres en blouse blanche qui ne vous annoncent que des mauvaises nouvelles. Même si ce n'était pas entièrement faux, les médecins n'étaient jusqu'à preuve du contraire pas des monstres et avaient des sentiments humains, surtout quand ils travaillaient dans un Centre comme celui-ci où le côté relationnel du métier était quelque chose de très important. Parfois, les médecins aux-mêmes devenaient des psychologues, car ils ne soignaient pas que les petits bobos du corps mais aussi ceux de l'âme.Tout ça pour dire, donc, que Daniela ne devait pas hésiter à dire ce qui n'allait pas. Tout le personnel était là pour l'aider. Bien sûr, elle accorderait plus de confiance à certains d'entre eux qu'à d'autres, c'était inévitable. Mais petit à petit, il faudrait qu'elle arrive à se confier et à accepter que oui, elle était une adolescente en difficulté et que oui, elle avait besoin d'aide. C'était bien sûr difficile à accepter, mais elle devrait pourtant en passer par là si elle voulait aller mieux et s'en sortir.Souhaitant mettre Daniela en confiance, elle lui adressa un petit sourire et haussa un sourcil en la regardant."Juste un peu, tu es sûre ?"Et malheureusement pour Daniela, la petite voix dans sa tête avait raison, et Camille ne croyait pas que c'était simplement de la nervosité. Enfin, c'était une possibilité, mais elle semblait aller plus mal qu'elle ne voulait bien l'admettre. Beaucoup d'adolescents étaient ainsi et refusaient de recevoir des soins, ou d'être simplement examinés. Camille commençait à vraiment avoir l'habitude de s'occuper d'eux et à les comprendre.Le frère de Daniela était vraiment gentil d'avoir pensé à elle, oui. Mais il s'était trop de soucis : il y avait au Centre une bibliothèque qui offrait un grand choix de livres. Mais au moins, si Daniela avait à sa disposition des livres qui l'intéressaient, elle prendrait plus de plaisir à les lire et c'était une bonne chose. De toutes façons, si les adolescents souhaitaient lire un livre qui n'était pas disponible au Centre, la bibliothécaire notait sa référence et tentait de se le procurer. Ce Centre n'est-il pas génial ? ^^'"Il y a maximum six filles par chambre, mais il me semble que la tienne n'est pas complète. Quant à la guitare, il y a une salle de musique au sous-sol dans laquelle tu pourras jouer, si tu veux.C'est ici, nous sommes arrivées."Souriant à la jeune fille, elle ouvrit la porte, l'aidant toujours à porter son bagage, qu'elle posa au milieu de la pièce."Il y a plusieurs lits libres, tu peux choisir celui que tu veux." |
|  | | Daniela Davis Ado en difficulté

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Dim 18 Oct - 16:15 | |
| D'accord. Je sais que je ne suis pas la fille la plus fiable au monde, étant donné que je cache pas mal de choses à pas mal de personnes. J'ai aussi la faculté de me mentir à moi-même et d'accuser cette fichue voix que j'entend en permanence dans ma tête. Je sais que j'ai beaucoup de défauts, mais tout cela n'est qu'une carapace, un moyen que j'ai trouvé pour me protéger. En ne laissant personne entrer dans mon monde, je m'assure que personne ne saura qui je suis réellement. Ainsi, personne ne peut être déçu par moi. Cependant, ma mère m'a souvent répété qu'à force de fermer la porte aux gens, je vais me retrouver seule. Aaron, mon frère, me disait souvent d'être plus intelligente, ou tout du moins, d'essayer. Pourquoi me fermer lorsque je pouvait simplement laisser les autres venir me chercher ? Je n'avais jamais compris ce qu'il voulait dire par là. Je ne me voyais pas comme quelqu'un de fermé, mais là, alors que Camille me demandait si gentillement si j'étais sûre de n'être qu'un peu nerveuse, j'avais directement pensé à tout simplement ne pas répondre, laisser la question en suspens et ainsi, encore une fois, empêcher le docteur de savoir quoi que se soit sur moi. Je crois que c'est la première fois où je m'aperçois qu'en effet, je suis totalement fermée aux autres. Cependant, est-ce que je pouvais faire confiance à Camille ? Est-ce qu'elle n'allait pas se mettre à rire que je sois totalement angoissée de venir ici ? Est-ce qu'elle n'allait pas me dire à quel point je suis bête ? Et si, au final, elle se contentait de simplement me dire que tout irait bien ? Je ne savais plus que croire, mais j'étais sûre d'une chose, si je n'essayais pas, je ne le saurais jamais. Il fallait que j'essaye de faire ne serait-ce qu'un tout petit peu confiance. Mais pas tout de suite. Non. Je ne me sentais pas prête, et j'avais bien trop de bruit dans ma tête pour réfléchir correctement. Alors malgré son sourire, et son air calme, je me bornai à hocher la tête avant de regarder dans la direction opposée, évitant sa question.
Nous avons continué notre marche lente jusqu'à arriver près de la porte de la chambre où j'allais rester. Camille m'informa qu'il y avait jusqu'à six filles par chambre. Six ? Oh non ! S'il y avait cinq autres filles avec moi, j'allais m'en faire des ennemies ! Ou alors je pourrais simplement aller dormir ailleurs, histoire de ne déranger personne. Heureusement pour moi, Camille n'avait pas fini. Apparemment, ma chambre n'était pas complète. Okay. Ouf. Je n'aurais pas à expliquer presque une demie-douzaine de fois que toutes les nuits sans exceptions, je faisais des cauchemars qui étaient tellement réels que je me réveillais en hurlant, ou bien qu'il m'arrivait de sortir en courant au milieu de la nuit. Ce serait toujours ça. J'allais apprendre quelques secondes plus tard que j'aurais même le choix en ce qui concerne mon lit. Mais avant cela, Camille me dit qu'il y avait une salle de musique dans laquelle je pourrai jouer de la guitare. Pour le moment, je n'avais pas encore la mienne, étant donné que ma mère avait eu la très bonne idée de la faire venir la semaine prochaine. Elle pensait que sans elle, je m'ennuierais assez pour tenter de me lier d'amitié avec les autres pensionnaires. C'était mal me connaître... En effet, ma mère ne me connaissait quasiment plus. La fille qu'elle avait perdue était souriante, joyeuse, chantait tout le temps et était très gentille et serviable. Celle qu'elle avait retrouvée avait le visage triste et fatigué, et passait son temps à pleurer ou à crier. Cette fille était angoissée. La différence était assez prononcée d'ailleurs, et elle avait eu du mal à s'y faire. À tel point qu'à peine un mois après mon retour, elle m'envoyait ici. En lâche qu'elle était, elle ne me l'avait annoncé qu'hier, ainsi, elle pouvait être sûre que je ne pourrais pas la faire changer d'avis. D'ailleurs, je n'avais même pas eu le temps d'essayer, puisque j'avais passé ma soirée enfermée à maudire le monde et à m'empifrer de chocolats.
Il fallait que j'arrête de penser à la soirée de la vieille, ma dernière soirée avec mon frère, ma dernière soirée de normalité. Alors que nous étions dans la chambre, Camille me dit donc que je pouvais choisir mon lit. Instinctivement, je pris celui le plus près de la porte. Ainsi, je pourrais la laisser un peu ouverte, et avoir de la lumière pendant la nuit, et au cas où l'envie me prendrait de partir en courant, je ne ferai pas trop de bruit. Déposant le sac au milieu de la pièce, je regarde autour de moi et reprend le sac pour le mettre face à mon nouveau lit. Puis, je regarde Camille. Elle avait l'air calme et paisible. La chance. Comment faisait-elle ? Il fallait que j'y arrive et pour cela, que je sois plus ouverte aux gens. Alors en la regardant toujours, je tentai de m'expliquer.
« Je vous ai menti avant. Je suis très nerveuse. » Levant une main tremblante, je fermai mon poing devant ma poitrine pour illustrer ce que je ressentais. « J'ai l'impression que ça serre. » Je refis le même geste devant mon estomac cette fois. Puis, je posai ma main sur ma poitrine. « J'ai mal quand je respire. » Et pour une fois, ce n'était pas à cause de mon asthme. Je m'assis sur mon lit, la regardant toujours. « Ça va passer hein docteur Rose ?! »
Je baissai les yeux, fixant à nouveau le sol. Ma petite voix me disait qu'elle allait se mettre à rire ou simplement se dire que je suis bien trop fragile. Il était vrai que je suis fragile, mais c'était surtout parce que je me laissais souvent aller. Lorsque je me mettais en colère, je hurlais et m'agitais tellement que j'en finissais pas être exténuée. Ma mère me disait que je devais me calmer, m'endurcir par rapport à ce que j'avais vécu. Mais que savait-elle de ce que j'avais enduré pendant ses années ? Comment espérer que je m'endurcice en un mois, le temps qu'elle m'avait laissé pour reprendre le dessus avant de m'envoyer dans cette prison ? Je ne le savais pas, mais pour le moment, de toutes façons, la question ne se posait pas. J'étais là, assise sur mon lit, alors que Camille était toujours sur le pas de la porte. J'attendais sa réaction. _________________  |
|  | | Camille Rose Médecin

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Dim 18 Oct - 17:12 | |
| Comment Camille faisait-elle pour rester si calme ? Cela faisait partie de son tempérament, sûrement. Et puis il y avait les années qui la rendaient sans doute plus sage et plus posée. Elle avait toujours été assez patiente en général et pour la pousser à bout, il fallait vraiment y aller fort. Et sinon... Elle avait perdu son mari, deux ans plus tôt. Celui-ci était décédé dans un tragique accident de voiture. Il était médecin lui aussi. Jérémy de son petit nom. Un matin de juin, quelques jours avant les vacances scolaires, ils avaient déposé en voiture leur fille cadette à la crèche, puis les deux grands à l'école. Puis Jérémy l'avait déposée juste devant l'hôpital où elle travaillait. Comme d'habitude, ils s'étaient embrassés. Puis Camille était rentrée dans le bâtiment, était passée par la salle de pause pour saluer ses collègues, avant de rejoindre rapidement son bureau. Elle prit quelques minutes pour consulter son dossier, avant de commencer ses visites avec quelques patients qui étaient déjà là. Seulement, quand elle s'occupait de son troisième patient, un de ses collègues donna deux coups secs à la porte avant de l'ouvrir, sans attendre d'autorisation. "Camille, désolée de te déranger mais... ton mari... il a eu un accident de voiture, il est aux urgences." Ne prenant même pas le temps de s'excuser, elle était sortie en courant de son bureau, toute tremblante, pour aller jusqu'aux urgences où elle avait trouvé son mari... Dans un état critique. Plusieurs médecins s'occupaient de lui, s'agitant autour de son corps gravement blessé. Le choc avait été violent. Alors qu'il se dirigeait vers la banlieue de Paris où se trouvait son cabinet, une voiture venant d'une route perpendiculaire l'avait violemment heurté, ne respectant pas le stop. Le chauffeur, complètement ivre, avait de plus perdu le contrôle de son véhicule. Sa voiture avait heurté l'aile avant gauche. Du côté du conducteur, du côté de Jérémy. Quand elle était arrivée près de lui, il était déjà dans un état grave. Inconscient, et pire même, dans le coma. Il avait de trop nombreuses blessures, aux membres, à la tête, au thorax. Camille voulait s'occuper de lui, le soigner... mais les médecins des urgences refusaient. Premièrement, elle n'était pas urgentiste, et deuxièmement, c'était horriblement difficile de devoir soigner un proche. Puis le coeur de Jérémy s'était arrêté. Camille avait hurlé à ce moment. Mais un hurlement sourd, que personne n'avait entendu. Alors que les médecins commençaient les manoeuvres de réanimation cardio-pulmonaire, Camille avait commencé à s'agiter. Le coeur de Jérémy ne voulait pas repartir. Camille le suppliait de se battre, de lutter, pour elle, pour leurs trois enfants. Elle avait fini par tenter de le ramener à la vie. Le défibrillateur en main, elle enchaînait les chocs, de plus en plus forts, mais toujours aussi inefficaces. Des collègues essayaient de l'arrêter... Puis elle avait fini par comprendre. C'était terminé. Elle avait alors trente-cinq ans et trois enfants. Et elle était veuve. Quelques mois après, elle avait décidé de quitter Paris et d'emménager à Nice avec ses enfants. Elle avait eu besoin de fuir le lieu de l'accident et de changer de vie. Revoir tous ces endroits où elle avait passé tant de temps avec son mari... C'était impossible. Quand elle avait emménagé dans la ville, elle avait caché sa situation. Elle ne parlait de son mari et de son veuvage à personne. Et c'était là qu'elle avait appris à cacher ses émotions. Ne pas laisser paraître sa tristesse. Rester forte et droite pour ses enfants. Ne pas se laisser aller. Ca avait été si difficile... Mais elle allait mieux, à présent. Au Centre, elle avait retrouvé sa meilleure amie de la fac, Megan. Et cette dernière l'avait beaucoup aidée. Et puis, on dit également que le temps cicatrisait les blessures. C'était vrai.C'était pour cela que Daniela n'arrivait pas à percevoir ce qu'elle pensait et ressentait. Parce que Camille cachait tout. Tout, sauf sa sympathie, qu'elle dévoilait dans un joli petit sourire qui ne la quittait que rarement, sauf quand bien sûr, il n'y avait pas lieu de sourire.Après avoir rapidement regardé la chambre, Daniela se tourna vers elle, lui avouant qu'elle avait menti. Elle lui avouait même qu'elle avait l'impression que son coeur et son estomac étaient serrés, et qu'elle avait mal en respirant. Puis elle s'assit sur son lit. Doucement, Camille s'approcha d'elle et s'assit à ses côtés, prenant son poignet dans sa main afin de prendre son pouls."Oui... Ca va passer. Respire calmement et essaye de te détendre. Je sais que ce n'est pas facile, mais il le faut." |
|  | | Daniela Davis Ado en difficulté

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Ven 30 Oct - 18:00 | |
| [Ton post est magnifique...] Essayer de me détendre. Comme si je n'y avais pas pensé. Comme si depuis l'instant ou j'avais posé mes pieds dans cet endroit, je ne m'étais pas dit qu'il fallait que je reste calme, que je ne fasse pas de scandale, tout du moins, pas dès le premier jour. Je n'avais pas envie d'être ici, c'était un fait, et Camille s'en doutait sûrement. Mais personne ne savait ce que représentait pour moi un endroit pareil, avec de telles règles. Sûrement des heures pour le lever et le coucher, ne pas quitter l'enceinte du centre, ne pas boire, ne pas se droguer, ne pas faire de bruit. Oui, c'était une horreur pour moi qui avait vécu dans de telles conditions pendant des années. Là où j'avais été retenue, je n'avais pas le droit de parler. À tel point que les premiers mots prononcés lorsqu'on m'avait délivrée, j'avais dû les répéter, ne reconnaissant pas ma propre voix. Oh bien sûr, il y avait parfois des gens avec qui je pouvais discuter, mais cela ne durait jamais assez longtemps, et la discussion finissait toujours mal. Ses pensées me firent l'effet d'un coup en plein dans le ventre. À chaques fois que je me remémorais les moments que j'avais passés là-bas, j'avais mal, j'avais envie de pleurer, la panique m'envahissait. Alors il ne fallait pas que j'y pense. Assise sur ce qui allait être mon lit pendant un moment, je fermai les yeux, tentant de m'imaginer autre chose, un autre endroit. Je forçai ma respiration à se faire plus lente aussi, espérant ne pas devoir me servir de mon inhalateur que je tenais dans ma main, au fond de la poche de ma veste.
Je tentai de visualiser un endroit que j'avais imaginé des milliers de fois : le ranch. Je revoyais tout. Les barrières de bois que mon frère et le voisin avaient construites, les chevaux bruns à la crinière brune foncée, la fine couche de sable qui recouvre le sol. Dans ma tête, je m'approche d'un de ses chevaux, Éclair. C'est le mien, je le monte depuis que je suis petite. Enfin, je le montais. Je tend ma main sous sa bouche, le laissant manger ce qu'elle contenait. Je m'imagine en train de monter sur son dos, et de regarder le ranch de là-haut. Les murs sont toujours beiges, une couleur que ma mère avait choisie car le blanc était trop salissant, et le noir trop lugubre. Je me demande si cela a changé. Les volets sont bruns foncés, d'ailleurs, celui de ma chambre est cassé et ne se referme plus. Je me souviens que deux mois avant mon départ pour la France, je jouais au base ball avec mon frère dans la cours, et la balle a attérit sur le volet, le décrochant. Il avait fait un de ses bruits en tombant ! Mais peu importait, Aaron et moi ne cessions de rire, trouvant cela très drôle. Je ne sais si à l'extérieur de mes pensées je souriais, mais à l'intérieur de ma tête, ce souvenir me rendait heureuse. Le soir-même, nous avions réparé le volet, mais il ne fermait plus. Jamais nos parents ne l'ont su. Alors que je revoyais l'image nette et précise de la fenêtre de ma chambre, je sentis que quelqu'un s'était assis à côté de moi. Je sursautai et ouvris les yeux avant de voir que c'était Camille. Elle prit mon poignet dans ses mains, sûrement pour voir à quelle vitesse mon coeur battait. Sûrement trop vite, car je le sentais accélerer à nouveau au fur et à mesure que les images de ses dernières années reprenaient le dessus.
Selon elle, ça allait passer. Je l'espérais, car je ne voulais pas avoir à utiliser mon inhalateur maintenant. D'ailleurs, il fallait que je me renseigne afin de savoir si j'étais autorisée à aller à la pharmacie ou si c'était le docteur qui ferait venir mon médicament depuis la ville. Bah ! Pour le moment, peu m'importait. Au pire, je ferais encore une crise, je serais encore emmenée à l'hôpital, et avec un peu de chance, ma mère s'apercevrait qu'elle avait commis une erreur en m'envoyant ici, et elle reviendrait me chercher. Cependant, cette situation était plutôt désagréable, alors je me concentrai pour respirer doucement, sans forcer, tentant de me calmer un peu. Toujours assise sur le lit, je me reculai un peu brutalement, regardant Camille sans expression sur mon visage.
« C'est bon, je vais bien. »
Pourquoi m'étais-je laissée aller ? Non, il fallait que je sois forte, et que je fasse tout pour retourner chez moi le plus vite possible. La seule chose dont j'avais besoin, c'était des bras de ma mère qui me dirait que tout allait bien se passer, que les cauchemars allaient s'arrêter et que j'allais réussir à sourire à nouveau. Même si cela pouvait être un mensonge, c'est tout ce dont j'avais besoin.
« Vous... euh, vous allez me montrer le centre ? Ou alors je dois ranger mes affaires en premier ? »
Là encore, j'avais parlé sans aucune expression, que se soit dans ma voix ou sur mon visage. L'angoisse était toujours présente, mais je pensais que le mieux serait de faire comme si elle n'était pas là, de même que pour la petite voix dans ma tête qui ne cessait de me parler encore et encore. _________________  |
|  | | Camille Rose Médecin

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Jeu 5 Nov - 18:34 | |
| (Merci, le tien aussi. Par contre, je vais faire plus court cette fois ^^') Daniela semblait avoir eu une vie bien difficile, malgré son jeune âge. C'était vraiment injuste que de si jeunes personnes qui découvraient la vie ne connaissent que le malheur et la souffrance. Ils ne méritaient pas cela... et pourtant, cela n'empêchait pas le destin de s'acharner sur eux, leur dérobant leur jeunesse et leur bonheur. C'était si cruel. C'était pour les aider et leur montrer que la vie pouvait être belle que Camille avait voulu travailler au Centre quand elle était venue s'installer à Nice. Aider ces jeunes à qui la vie n'avait pas toujours souri à reprendre le contrôle de leur vie, à se réintégrer dans la société et à les accompagner pendant tout ce temps, voire même après leur sortie. Alors que Camille venait de prendre le pouls de l'adolescente, elle la regarda fermer les yeux et essayer de respirer plus calmement. Pendant longtemps, Daniela resta silencieuse, parfaitement immobile. Et Camille n'osait pas la déranger alors qu'elle était plongée dans ses pensées. Cependant, elle surveillait l'évolution de son état, prenant son pouls de temps en temps et essayant d'évaluer sa respiration sans trop la déranger. Elle ignorait que la jeune fille était asthmatique. Si elle n'avait pas le choix, elle devrait utiliser son inhalateur. Et d'ailleurs, en parlant de cela, elle n'aurait pas le droit d'aller à la pharmacie pour aller chercher ses médicaments. Non. Il faudrait qu'elle demande soit à un éducateur d'y aller pour elle, soit à un médecin de le commander, ce qui serait vraiment plus simple.Regardant toujours la miss, Camille fut un peu surprise de la voir reculer d'un coup, faire comme si rien ne s'était passé en disant que tout allait bien."Tu en es certaine ? Tu n'as plus mal ?"Malheureusement, sa mère ne reviendrait pas la chercher et Daniela devra rester un peu au Centre... Elle s'y habituerait. Ce serait sans doute difficile au début, elle aurait du mal à s'adapter à une nouvelle structure mais elle y arriverait. Elle se ferait des amis, et le personnel serait également là pour l'aider."Comme tu préfères, je peux te le montrer maintenant ou plus tard si tu préfères t'installer un peu avant."Il fallait qu'elle oublie son angoisse, oui, ça pourrait l'aider... Mais elle avait commencé à avoir des manifestations physiques de son angoisse et ça, il ne fallait pas les négliger. Il ne faudrait pas que son état empire, elle n'avait vraiment pas besoin de cela, encore moins le jour de son arrivée... |
|  | | Daniela Davis Ado en difficulté

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 | Sujet: Re: Arrivée en silence {Libre Ven 13 Nov - 15:59 | |
| Heureusement pour moi, ayant vécu toute ma vie avec mon asthme, je savais jusqu'où je pouvais aller sans avoir recours à mon inhalateur. Parfois, un de mes ravisseurs venait pour me demander si je voulais jouer au basket dans l'arrière court de la maison où j'étais retenue. Trop contente de pouvoir sortir ne serait-ce qu'une dizaine de minutes, j'acceptais toujours. Mon médecin m'avait interdit tout effort physique, et pourtant, je jouais avec lui. Bon, je ne me forçais pas, j'y allais plutôt lentement, ne courant quasiment pas. Mais je jouais quand même. Donc oui, je savais lorsqu'il fallait que je m'inquiète. Malheureusement pour moi, j'étais trop fière et trop bornée pour prévenir qui que se soit lorsque j'étais en crise. En général, je commençais à me sentir mal, je paniquais faisant ainsi empirer mon état, et puis lorsque je voyais que je n'arrivais pas à gérer, que mon inhalateur ne m'était d'aucun secours, là, j'appelais quelqu'un. Que voulez-vous ?! Je suis têtue.
J'avais remarqué la surprise sur le visage de Camille lorsque je m'étais légèrement éloignée. Un léger pincement au coeur, je lui fis un petit sourire pour lui montrer que ce n'était pas de sa faute. Je ne savais pas si elle le comprendrait sans poser de questions. Pour le moment, le contact avec des inconnus m'était difficile, et je n'avais pas envie d'aborder le sujet tout simplement parce que l'idée de devoir parler de ce qu'il s'était passé m'était insupportable. Mais Camille avait l'air plutôt gentille, même si cette constatation m'écorchait les pensées. En venant ici, je m'étais dit de tout faire pour n'apprécier personne, pour n'être amie avec personne, de faire comme si tout allait bien, et ainsi, partir d'ici le plus vite possible. Mais en voyant l'expression de Camille, je m'en étais un peu voulue. Au final, j'avais l'impression d'être une mauvaise personne. Peut-être que mon approche du centre n'était pas la bonne ? J'aurais sûrement toute la nuit pour y penser étant donné que je dors très peu. Déjà, la petite voix dans ma tête s'agitait en me disant de ne pas me remettre en cause. Camille me demanda alors si j'étais sûre d'aller mieux. Je la regardais, me demandant ce que je devais répondre.
« Je... désolée. Oui, ça va aller bien. »
J'avais encore mal, mais ça faisait partie de la chose. J'avais toujours mal quand j'avais du mal à respirer. Mais avec le temps, ça passait. J'étais habituée à ce genre de choses. Ce n'était pas la première, ni la dernière fois que cela m'arriverait. Pendant les trois premières semaines de ma captivité, j'avais utilisé deux inhalateurs, et fait trois détours par l'hôpital. Souvent, c'était ma petite voix qui me calmait, en me rappelant de respirer lentement, en me faisant penser à autre chose. Même si elle avait bien des points négatifs, tout n'était pas noir avec elle. Mais lorsque Camille me laissa le choix entre m'installer de suite, ou visiter le centre d'abord, elle se remit à s'agiter. Il valait mieux que je m'occupe l'esprit et pour cela, que je bouge. De plus, le fait de m'installer comme ça, si vite me donnerait l'impression que tout ceci est réel, et j'avais besoin de croire que ça ne l'était pas, que j'étais dans un énième cauchemar.
« Maintenant, s'il vous plaît. Je préfère visiter. »
Attrappant l'anse de mon sac d'un pied, je l'attirai jusqu'à moi, et je le posai lourdement sur le lit en me relevant doucement. Retirant ma veste parce qu'il faisait chaud, je sortis l'inhalateur qui s'y trouvait et je le mis dans la poche de mon pantalon. J'avais un sous pull à manches longues rayé d'un bleu foncé - bleu-gris clair. Puis, je me dis qu'elle était médecin, et que forcément, elle allait se poser des questions sur mon inhalateur.
« Je suis asthmatique et je suis prête. On peut y aller. »
J'essayais de ne pas montrer mon manque de motivation, car je ne voulais pas la blesser. Après tout, sa vie à elle, c'était de s'occuper de tous ses jeunes. Elle devait aimer être ici et je ne voulais pas lui montrer que ce n'était pas le cas pour moi. Après tout, si elle est ici depuis tout ce temps, c'est qu'il y a du bon ici.
« Madame Rose, quand les gens vont bien, il leur arrive quoi après le Centre ? Ils rentrent chez eux ? Ils font quoi ? » _________________  |
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