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 À deux doigts de l'hystérie // Libre

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Erin J. Lopes
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MessageSujet: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Mer 23 Sep - 21:22

La voiture s'était à peine arrêtée que quelqu'un était venu afin d'aider Erin à entrer dans l'enceinte du centre. Auraient-ils peur que la petite rouquine s'échappe avant même d'y entrer ?! Ce n'est en tout cas pas l'envie qui lui manquait. Elle s'imaginait très bien courire et filer tout droit, sans s'arrêter, juste pour échapper à ce qui était sûrement son destin. Si seulement elle pouvait ! Malheureusement pour elle, en quelques secondes, on déposa sa valise dans le hall d'entrée en lui souhaitant un bon séjour au centre Vivre. Non mais c'est quoi ce b*rdel ?! Depuis quand on souhaite ce genre de choses ? Déjà qu'elle n'avait pas envie d'être là, on l'accueillait comme si elle débarquait dans le plus bel hôtel de Disney Land ! Où étaient les Bisounours ?!

Sa valise à ses pieds, Erin regarda autour d'elle. Elle remarqua de suite les escaliers sur sa gauche. Bien que l'endroit en lui-même soit plutôt beau, pour Erin, il n'y avait pas pire. Par principe, elle n'aimait rien ici. Elle avait l'intention de ne pas leur faciliter la tâche. Après tout, pendant 17 ans, personne n'en avait rien eu à faire d'elle, tout le monde l'avait abandonnée, l'avait laissée livrée à elle-même. Ce n'est pas maintenant que quelqu'un va sortir de derrière le rideau pour lui montrer à quel point le monde est beau, et à quelle point la vie vaut d'être vécue. Poussant sa valise du pied, elle finit par la prendre dans sa main, tirant un peu sur les manches de son pull afin de ne pas effrayer ses petits jeunes qui la dévisageaient déjà. Elle avait horreur de ça. Elle lança un regard noir à un jeune qui rigolait en la voyant, elle et ses cheveux rouges, et sa frange de travers.
« Tu veux ma photo ?! »Elle releva ses lunettes de soleil étant donné qu'à l'intérieur, elle n'en avait absolument pas besoin. Elle avança de quelques pas, lançant à nouveau un regard noir au jeune homme qui détourna la tête après quelques secondes. Oh non, son "séjour" ici n'allait pas être aussi sympa que ce que le juge avait prédit !

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Mer 23 Sep - 21:37

Encore une nouvelle ? décidément, avec la rentrée, il e pleuvait ces derniers temps. Les gens ne s'intéressaient à leur gosses qu'en rentrant de vacances on dirait et ils se disaient soudain : tiens c'est bizarre, y va pas bien le petit...bref, je noircie sans doute un peu le tableau, mais il y a des jours où je pensais sincèrement ne pas être très loin de la réalité.
Une fois de plus, il n'y avait personne pour m'aider au centre. Amy était e congé, Thierry dans le coma et les autres...oula c'était la question. Ils travaillaient tant d'un endroit à l'autre du centre qu'il était parfois délicat de retrouver celui qu'on cherchait. Peu importe, une fois de plus j'allais m'atteler à la prise en charge d'un ado fraichement arrivé.

J'arrive donc dans le hall et aperçois tout de suite la jeune fille. Je m'approche d'elle, calme comme à mon habitude. Je ne pouvais cependant pas vraiment être très impressionnant avec ma maigreur actuelle. 53 kg peine pour ma taille, je commençais tout juste à me remettre. Je portais un jeans noir avec une chemise rouge bordeaux par dessus. Le dernier bouton était détaché, comme d'habitude, et j'avais retroussé les manches jusqu'au coude à cause de la chaleur. Cela faisait donc apparaitre les nombreuses cicatrices qui ornaient mes avant-bras.


"Bonjour. Je suis le directeur du centre, Rivaul Corsas. Tu es bien Erin ?"

Mon regard s'est posé sur elle, mais ce regard, il était différent des autres du fait qu'il n'était composé qu'un d'un oeil. En effet, mon oeil gauche était faux, un oeil de verre d'un bleu vitreux qui contrastait vraiment avec l'autre oeil, brun, naturel. Bref, ce n'était certes pas moi qui allait porter un jugement sur l'état de la jeune fille alors que j'étais vraiment guère mieux. De plus, il faudrait déjà qu'elle accepte l'idée que je sois le directeur. Du haut de mes 24 ans, avec ma physionomie actuelle, j'en paraissais une vingtaine et pouvais tout à fait me faire confondre avec un jeune du centre qui s'amuserait à se faire passer pour le directeur.

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Mer 23 Sep - 22:03

Un pas de plus dans cette entrée plus que glauque, sous le regard des jeunes du coin. Erin se jura mentalement que si un seul autre jeune la regardait de bas en haut, comme si elle sortait d'un cirque, elle prendrait sa valise, et elle ferait marche arrière. Ou mieux, elle partirait sans sa valise, après tout, pourquoi s'encombrer lorsque l'on veut fuir le plus loin possible ?! Tirant à nouveau sur les manches de son pull, elle se dit que la chaleur écrasante allait avoir raison d'elle, et qu'elle allait s'évanouir avant d'avoir réussi à refranchir la porte de l'entrée du centre. Quelle gourde elle était ! Elle n'avait même pas pensé à prendre une bouteille d'eau. Zut, zut, et rezut ! Elle serra la poignée de sa valise si fort que la jointure de ses doigts devint blanche, et que ses ongles allèrent laisser une marque sur la paume de sa main. C'était un cauchemar, un pur mauvais rêve, et elle voulait se réveiller, tout de suite. Elle sentit des larmes lui monter aux yeux, des larmes de colère, non de tristesse. Elle était bien trop fière pour se laisser aller à de la tristesse ou pour montrer qu'elle était effrayée. « Faites que je me réveille... »Chuchotant pour elle-même, personne ne l'avait entendue. Par contre, elle put entendre une jeune fille qui passait derrière elle murmurrer à quelqu'un que son pantalon était plutôt joli. Pourtant, il n'avait rien de spécial, un pantalon noir, avec un petit papillon blanc sur la poche arrière. C'était pour aller avec son pull blanc à manches longues. En réalité, Erin avait tellement tiré dessus qu'elles s'étaient rallongées encore plus, jusqu'à couvrire la totalité de ses mains.

Elle continua à se dire qu'elle ferait mieux de déguerpire avant que trop de monde ne l'aperçoive. Elle s'apprêtait à se retourner vers la porte et rebrousser chemin lorsqu'elle remarqua un petit jeune homme se diriger vers elle et se présenter. Lui, le directeur ? Mouais... bon, elle pouvait le croire, et au pire, c'était un jeune qui se moquait d'elle, mais elle n'en avait rien à faire au fond, tant qu'on la distrayait, elle était prête à affronter les humiliations des petits jeunes qui bizutent les petits nouveaux.
« Erin, oui. » Le fait qu'il connaisse son prénom voulait dire qu'il était bien informé. Peut être était-il réellement le directeur, et dans se cas, il valait mieux pour Erin qu'elle reste calme, afin qu'il la laisse repartir le plus vite possible. Faire profil bas, voilà le nouveau plan, même si au fond d'elle, elle était de plus en plus effrayée. Elle regarda le soit-disant directeur, sans pour autant le dévisager. Apparemment, il en avait vécu des choses lui aussi. Peut-être allait-il lui faire le coup du "tu n'as pas vu pire que moi, alors arrête de geindre" ?! Ou pas. Enfin. Erin se dit qu'il fallait quand même qu'elle aligne plus de deux mots, sinon, il allait l'enfermer directement. « Je dirais bien que je suis enchantée, mais ce serait mentir. Je vais être honnête et vous dire que je n'ai aucune envie d'être là. » Voilà, elle avait annoncé la couleur. Elle n'avait pas envie d'être là, pas du tout, et elle cachait sa peur derrière une apparente arrogance. C'était toujours mieux que d'admettre ses faiblesses, ou de se mettre à tout casser.


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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Mer 23 Sep - 22:14

Il y avait bien du monde dans ce hall aujourd'hui, mais c'était une des pièces les plus fraiches du centre avec celles de a cave, je pouvais donc bien comprendre les jeunes qui venaient s'y retrouver. J'avais été un peu comme eux à une époque moi aussi, ne l'oublions pas.
Pour le moment, j'avais une préoccupation plus importante. Cette jeune fille qui se trouvait devant moi semblait vraiment être enchantée d'être ici...non non je suis sérieux. Il n'y avait qu'à voir la tête d'enterrement qu'elle faisait pour s'en rendre compte.
Bref, au moins, je e m'étais pas tropé. C'était bien Erin et nous allions pouvoir passer au vif du sujet. C'est d'ailleurs Erin elle même qui commence les hostilités en me disant clairement ce qu'elle pensait. Je souris un peu, amusé par ses paroles qui me rappelaient beaucoup de souvenirs. Qui sait ? Peut être qu'elle serait un jour à ma place dans le centre et sentirait alors ce que moi je ressentais à cet instant précis.


"Parfait. Je préfère les gens honnête que les menteurs qui se cachent derrière un masque qui ne leur ressemble pas. Tu me suis ?"

Mais sans doute qu'avec ces paroles, je pouvais avoir l'envie plus grande encore de l'enfermer. Mais je n'étais pas un extrémiste, au contraire. J'étais quelqu'un de plutôt ouvert d'esprit et j'espérais bien que Erin allait s'en rendre compte. Bien entendu, les épreuves que j'avais passé m'avaient aidé dans mon développement personnel, mais je n'allais certainement pas jeter à la jeune fille une phrase aussi horrible en lui disant que j'avais vécu pire qu'elle. C'était impossible. Déjà, je ne le pensais pas un seul instant, ensuite, j'avais plutôt honte et j'étais encore mal de ce que j'avais vécu même si je parvenais à en parler assez librement et à presque tout le monde maintenant, mais aussi, tous les jeunes qui entraient ici avaient vécu des choses horribles à différentes échelles. Pour certain, ce ne serait rien, mais pour les autres, une catastrophe. On peut avoir une même histoire sur 10 personnes différentes, au final, ce sera 10 histoires différentes.

Je commence donc à aller vers le fameux escalier, un pas juste, avant de me tourner vers la jeune fille.


"Au fait, un coup de main pour tes valises ?"

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Mer 23 Sep - 22:30

Son petit cauchemar personnel continua lorsque le directeur lui demanda de le suivre. Oui, elle était honnête, en tout cas, pour le moment. Elle avait une tendance a déformer la réalité.*Souvenir* « Non, ce n'est pas moi qui ait prit la bouteille de vodka ! » Chancelante, Erin pointa du doigt la bouteille que tenait sa mère d'accueil de l'époque. Bien sûr qu'elle l'avait prise cette bouteille. Elle était encore saoule au moment ou la femme qui l'accueillait s'en était rendue compte. Pourtant, elle n'avait que 15 ans. *Fin du souvenir* Erin se demandait encore si elle devait réellement le suivre, ou rester plantée là juste pour protester contre sa venue ici. Finalement, elle décida d'être sage. « Se sont de bien belles paroles que vous me dites là ! Vous allez me dire que vous aussi vous étiez comme tous ses jeunes, et que vous avez eu un déclic un jour, et qu'à présent, vous vous contentez de... tenter de les aider ?! » [i]Erin n'utilisait pas le "nous", tout simplement car elle ne s'incluait pas dans ses jeunes. Selon elle, rien ne clochait chez elle.

Elle n'avait pas lâché sa valise, et ses doigts commençaient à être endoloris. Elle la posa à terre, et la prit de son autre main lorsque monsieur Corsas lui proposa de l'aider. Elle lui fit un large sourire éteint qu'elle remplaça de suite par sa tête habituelle... celle qui tire la tête quoi...
« J'en ai qu'une, et je pense que j'arriverai à me débrouiller, mais merci. » Elle emboîta le pas à l'homme qui était à peine plus grand qu'elle. La seule chose qui la retenait de faire un scandale dont seule elle avait le secret était que monsieur Corsas semblait être quelqu'un de gentil. Après tout, il lui avait proposé de l'aider pour sa valise, chose que jamais personne n'avait fait pour elle, pas même sa mère biologique lorsqu'elle était venue récupérer Erin dans ce qui devait être la seule famille d'accueil potable qu'elle avait connue. « Puis-je savoir où on va ?! Et ce qu'on va faire ?! »


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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Mer 23 Sep - 22:40

J'étais toujours calme, patient, écoutant la jeune fille qui continuait ses petites râleries. Mais comment lui en vouloir. Je me souvenais bien de mon arrivée ici, elle n'était pas très glorieuse non plus, je n'avais rien à envié à personne du côté bêtises. Heureusement, maintenant j'étais de nouveau moi même et c'était bien.
Sans me retourner, j'écoute donc la jeune fille me parler, je m'arrête au pied des marches de l'escalier et me tourne vers elle pour lui répondre, un simple signe de politesse.


"Pas tout à fait...j'ai été contraint de changer d'orientation à un moment de ma vie. Je suis arrivé ici un peu comme toi, avec ma valise et finalement, je n'en suis plus parti. Ça n'a pas été un déclic, juste un remplacement de ma véritable vocation...toutefois ne te méprend pas, j'aime beaucoup ce que je fais ici. Ce que je voulais en priorité, c'était rencontré du monde, ne pas rester derrière un bureau toute la journée et si possible, aider les autres."

Je lui souris et je commence à monter les marches. Cependant, sur la deuxième, je m'arrête et me tourne vers la jeune fille.

"On va d'abord poser ta valise dans ta chambre et ensuite, si tu le souhaites, on fera un petit tour du centre. Sinon, tu le feras seule par toi-même si tu préfères...Toujours pas décidée à me céder ta valise ?"

En effet, les marches jusqu'au premier étage étaient quand même assez nombreuses. Je n'étais peut être pas dans une forme olympique, mais je pensais avoir au moins la force de porter une valise en haut des escaliers.

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 13:20

Erin était totalement sur la défensive. Pour le moment, peu importait ce que lui disait le directeur, elle trouverait un moyen d'y rendre négatif. Il avait beau lui dire qu'il était venu au centre comme elle, perdu, et qu'au final, il était resté dans le rôle de celui qui aide les jeunes, ce qu'elle en retirait c'était qu'il se sentait tellement dépendant à l'égard de cet endroit qu'il n'osait pas affronter le monde. (HRP : je précise que c'est Erin qui le pense hein) Elle ne voulait rien savoir. Sa venue ici était pour elle un fardeau, quelque chose d'obligatoire afin d'éviter la prison, quoi que... la prison aurait sûrement été mieux que cette bande de personnes condescendantes qui allaient la prendre de haut en minimisant ce qu'elle avait vécu. D'accord, au fond, elle avait eu de la chance : dans les foyers, elle avait eu à manger, et un toit au-dessus de sa tête, dans les familles d'accueil, elle avait eu un toit sur la tête également. Beaucoup de jeunes vivaient dans la rue à son âge, et rien que là, elle avait eu de la chance. Cependant, ses jeunes années avaient laissé une trace indélébile en elle, et à présent, à chaques fois qu'elle voyait un homme qui s'approchait trop près d'elle, elle avait peur qu'il tente de la frapper comme son beau-père, et dans la vie quotidienne, lorsqu'elle se trouvait face à un homme, peu importe son statut, elle était sur la défensive. Bien entendu, celà n'excuse en rien son comportement arrogant et limite agressif face à monsieur Corsas.

Erin suivit donc le directeur qui s'était arrêté devant les escaliers pour lui faire face alors qu'il lui parlait, et pour une fois, la jeune rouquine ne répondit rien. Que pouvait-elle répondre à ce qu'il venait de lui dire ?! Quoi qu'elle ait pu dire, cela aurait été mal interprêté, et elle ne voulait pas froisser le directeur du centre dès le premier jour, il était celui qui pourrait la laisser sortir plus tôt que prévu. Elle se contenta d'hausser les épaules, attendant qu'il se mette en marche pour le suivre, ce qu'il fit droit derrière. Seulement une fois arrivé sur la deuxième marche, il s'arrêta d'un coup afin de lui expliquer ce qu'ils allaient faire dans l'immédiat. Cela la rassura un peu de savoir ce qui était prévu. Cela lui permettait de se situer un peu mieux et aussi de savoir que si elle le voulait, il la laisserait seule. Étrangement, elle n'avait pas trop envie d'être seule pour le moment, car elle savait qu'elle allait se mettre à penser, et à paniquer à l'idée d'être enfermée dans un centre comme celui-ci. Non, paniquer n'était pas une bonne idée, et tant qu'elle serait avec quelqu'un qui la ferait penser à autre chose, elle réussirait à conserver son calme. Elle était tellement absorbée par ses réflexions qu'elle entendit à peine la question que lui posait monsieur Corsas.


« Pardon ? »

Elle remarqua qu'il était en train de regarder sa valise, et elle supposa qu'il venait de lui demander si elle ne voulait vraiment pas la lui laisser. Relevant la tête, Erin lui fit un mince sourire, mais qui était sincère cette fois.

« Je voyage léger... » Elle marqua une petite pause, puis céda. « Mais puisque vous insistez... merci. » Elle attrappa la valise sur les côtés, et la lui tendit afin qu'il puisse la prendre par la poignée. Elle n'y avait que très peu d'affaires, juste quelques vêtements, le chargeur de son lecteur mp3 et quelques livres. Mais la valise était quand même assez légère.

« Je peux vous poser une question ?! »Puisqu'ils allaient être amenés à se cotoyer, autant apprendre à le connaître un peu mieux. Et puis sa curiosité avait été piquée lorsqu'elle avait vu ses cicatrices sur ses bras. Elle-même cachait les siennes, mais lui, il les mettait aux vues de tout le monde, et cela l'intriguait. Autant elle avait à peine remarqué qu'il avait un oeil de verre, autant ses cicatrices l'avaient interpelée. Cependant, au moment où elle allait lui demander ce qu'il lui était arrivé, elle se dégonfla. Aurait-elle peur qu'il lui pose des questions à son tour ?! Elle ne le savait pas vraiment, mais elle se dégonflait quand même. « En faite, non... rien... laissez tomber. » Elle se mit en marche, le devançant sur les marches de l'escalier, et monta les marches sans même prendre la peine de savoir s'il la suivait.


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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 14:02

Alors que je m'étais tourné vers elle, la jeune fille semblait être totalemetn dans la lune, perdue dans ses pensées. Je souris un peu lorsqu'elle revient un peu sur terre, mais elle comprend c que je voulais lui demander. Aussi, lorsqu'elle me tend le sac, je le prends et opine doucement de la tête.

"De rien...En effet, il n'est pas trop lourd. Toutefois, je ne viens pas de faire un long voyage en voiture comme toi alors, je peux bien faire ça."

Autant se rendre utile lorsqu'on le pouvait après tout. J'allais repartir de nouveau, mais l jeune fille me demande alors quelque chose. Je l'observe, toujours calme et souriant et opine de la tête. Mais finalement, elle abandonne son idée et commence à monter rapidement les escaliers. Trop rapidement à mon sens, c'était sans doute une question un peu personnelle pour qu'elle réagisse ainsi car visiblement, elle en était gênée.

Peu importe, je la suis donc en haut des marches et tourne à droite une fois arrivé là haut.


"A droite c'est le dortoir des filles. De l'autre côté celui des garçons. Chaque dortoir a sa salle de bain en bout de couloir mais bon, parfois, il y a des filles chez les garçons et vice versa, ça s'est déjà vu. Sinon à cet étage, tu as une salle fumeur et une salle commune également, de part et d'autre des escaliers. En haut il y a le grenier, mais rien de bien intéressant. Tu pourras y faire un tour par toi même pour voir."

Je lui souris et après un nouveau détour de couloir, m'arrête devant une porte portant le numéro 5. Je la pousse et laisse la jeune fille entrer dans la chambre. Je pose le sac à l'entrée et regarde autour de nous.

"Il ne reste qu'un lit de libre, là bas près de la fenêtre. J'espère que ça ne te dérangera pas. Vous êtes 6 par chambre et bien entendu, vous devez vous occuper de les tenir rangées et de faire vos lit."

Trois lits se trouvaient à gauche et à droite de l'entrée. Ca pouvait paraitre pas trop intime, mais au vu de la disposition de la chambre et des lits, ça l'étai pas mal quad même pour un dortoir. Les lits ne se côtoyaient pas directement. Entre chaque, un meuble faisant armoire/bureau masquait la vue au lit de la voisine. Seul celui d'en face pouvait vraiment voir ce que vous faisiez finalement, mais ce n'était pas plus gênant que cela.
Je regarde la jeune fille car finalement, c'est moi qu'elle avait intrigué un peu plus tôt.


"Tu voulais me demander quelque chose tout à l'heure ? Ne soi pas gênée, on va être se voir assez souvent alors on a pas grand chose à se cacher il me semble."

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 14:29

Une fois arrivée en haut de l'escalier, Erin regarda à droite et à gauche, dans l'espoir de savoir où elle devait se diriger. Seulement elle était montée plus vite que monsieur Corsas, et elle ne connaissait pas du tout les lieux, donc elle attendit patiemment qu'il la rejoigne en haut de la rangée de marches. De plus en plus mal à l'aise, elle oublia son mal être en se concentrant sur ce que lui disait le directeur. Okay, donc en gros, les garçons et les filles se mélangent. Une idée qui faisait peur à Erin, et déjà elle sentait sa respiration s'accélérer à l'idée de se retrouver nez à nez avec un garçon lorsqu'elle irait prendre sa douche. Elle ferma les yeux quelques secondes, pendant que Rivaul expliquait qu'il y avait une salle fumeur. Elle s'en fichait un peu, puisque le vice d'Erin était plutôt la boisson, mais on ne sait jamais, cela pourrait être utile de savoir qu'il y avait une salle où elle pourrait se mettre à fumer si un jour l'envie lui prenait. Il la conduisit ensuite jusqu'à sa chambre, numéro 5.

Elle y entra, prenant ses affaires que monsieur Corsas avait laissées près de la porte, et elle se dirigea vers le seul lit de libre, ce qui allait être son lit. Près de la fenêtre. C'était tant mieux, car elle ne supportait pas de rester dans le noir. Une peur qu'elle avait depuis toute petite, et même si elle ne l'admettrait jamais, elle avait réellement peur du noir, et peur d'être enfermée. Elle se souvenait d'un jour où un de ses camarades l'avait défiée de rentrer dans son casier et d'y rester toute une minute. Elle avait tellement paniqué à l'intérieur qu'elle avait fait une crise, qu'elle s'était évanouie, et que l'infirmière de l'école avait dû la reconduire chez elle. Sans dire un mot, Erin prit sa valise et la fourra sous le lit, se disant qu'elle aurait de quoi s'occuper le soir-même à tout ranger.


« J'ai vu pire... dans ma dernière famille d'accueil, je dormais par terre, donc ça m'ira très bien. »

Erin décida d'ouvrire lla fenêtre, histoire de voir à quel genre de vue elle allait avoir tous les jours face à elle. À nouveau, une bouffée de panique la submergea, chose qu'elle étouffa aussitôt en fermant les yeux, et en respirant profondément. Elle allait refermer la fenêtre lorsque le directeur revint sur la question qu'elle voulait lui poser précédemment. Gardant une main sur la poignée, elle le regarda, hésitant encore. Devait-elle lui poser sa question ou non ?! Quelques secondes passèrent, des secondes qui paraissaient interminables pour Erin.

« Vous avez parlé d'un grenier tout à l'heure, est-ce qu'il est grand ?! »

Encore une fois, elle s'était dégonflée, mais cette fois-ci, elle fit semblant de ne pas savoir de quoi il parlait en mentionnant sa question. Elle n'était pas stupide, non. Elle ne voulait simplement pas qu'il lui pose des questions sur sa vie à elle, car Erin avait horreur de parler d'elle. Mais malgré elle, ses yeux furent attiré par les avant-bras de monsieur Corsas. Elle détourna son regard, se concentrant à nouveau sur la vue au-dehors, bien qu'au fond, elle ne prête aucune attention à ce qu'elle voyait. Alors avec beaucoup de détachement dans sa voix, comme si elle se fichait de la réponse qu'il allait lui donner, elle osa enfin lui poser LA question qui lui trottait dans la tête.

« Vous vous êtes fait quoi ?! »

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 14:45

Je hausse un sourcil pendant un instant. Comme on dit, voici une information qui n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Ainsi, la jeune fille était dans uen famille d'accueil. Donc, soit ses parents n'étaient pas en état de s'occuper d'elle, soit elle n'en avait plus. Ca pouvait paraitre insignifiant comme remarque, mais pourtant, c'était quelque chose qui avait vraiment son importance car ça déterminait pas mal le caractère d'une personne.
J'avais eu de la chance quand j'y repensais, je n'étais pas heureux où j'étais, dans ma famille d'accueil, on me tenait toujours enfermé avec des barreaux à mes fenêtres pour m'empêcher de partir. Le seul moment où ma porte s'ouvrait, c'était lorsqu'on m'apportait mes repas ou le linge propre. La salle de bain se trouvant dans une minuscule pièce annexe de ma chambre, je n'avais même pas à sortir pour cela. On comprend sans doute mieux pourquoi j'avais fini par vraiment n'en plus pouvoir et qu'au bout de plus d'un an, j'avais tenté de mettre fin à ma vie. Pourquoi vivre ainsi ?
Mais aujourd'hui, c'était fini et j'en étais heureux.


"Assez oui. Il fait la surface de cet étage, mais il y a trois pièces plus petites...qui font un peu la taille de la chambre. Elles sont vides par contre. On a une bonne vue sur le parc du centre, les jeunes y montent souvent pour y être un peu au calme."

Je souris un peu, repensant que moi même, je passais mon temps là haut avant que je ne sois un employé du centre. Je lisais beaucoup, chantait un peu parfois et si le coeur m'en disait, j'écrivais.

A la question de la jeune fille, je baisse un moment les yeux sur me avant-bras. J'aurais pu rejeter cette question, couvrir mes bras et mettre fin à cette discussion, mais je n'en avais aucune raison. Même si au plus profond de moi restait une certaine honte de ce qui m'était arrivé dans le passé, de ce que j'avais fait aussi, je l'assumais pleinement aujourd'hui car je n'étais plus le même homme.


"Les marques horizontales c'est de moi...tentative de suicide et mutilation pour la plupart...Les autres....C'est le fouet."

Je reste de nouveau un moment silencieux, les yeux perdus dans le vague. Au loin, j'entendais de nouveau mes cris, mes pleurs et ces voix d'homme autour de moi, ces ricanement qui me faisaient encore trembler aujourd'hui.
Je reviens rapidement à la réalité et regarde al jeune fille avant de lui adresser un bref sourire.


"C'est qu'un aavnt goût...Vaut mieux pas que tu voies le reste un jour."

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 16:25

Appremment, monsieur Corsas n'était pas au courant du passé d'Erin. La façon qu'il avait eu de hausser les sourcils indiquait la surprise et donc, qu'il ne savait pas qu'elle avait été trainée dans plusieurs familles d'accueil. Elle le regarda comme si elle avait été prise en flagrant délit de quelque chose de mal, même si au fond, ce n'était pas de sa faute. Cependant, elle ne dit rien, se disant que peut être il faisait celui qui ne savait rien pour mieux l'amener à se confier. Elle laissa donc passer, l'écoutant simplement sur sa description du grenier. Apparemment, il y avait pas mal de place, peut être pourrait-elle monter là-haut pour aller danser. Il lui fallait de l'espace, et elle aimait pouvoir danser tel qu'elle le voulait elle, pas avec un prof lui imposant de faire tels gestes sur tel musique. Mais il mentionna le fait que les jeunes y montaient souvent pour être au calme, c'était donc rapé, elle devrait se trouver un autre coin pour être tranquille.

Refermant la fenêtre une bonne fois pour toutes, elle se tourna face à monsieur Corsas qui lui expliquait ce qu'il lui était arrivé. Alors lui aussi avait tenté de se suicider... finalement, peut être qu'il la comprendrait, ou tout du moins, il pourrait se rapprocher un peu plus près de ce qu'elle pouvait ressentir. Enfin, malgré tout, elle ne se voyait pas lui confier sa vie, elle qui n'avait jamais confié quoi que se soit, à qui que se soit. S'il valait mieux qu'elle ne voit pas le reste de ses cicatrices, Erin ne put s'empêcher de penser que lui aussi, il valait mieux qu'il ne voit pas l'oeuvre qu'elle s'était faite sur ses cuisses, et le reste sur ses bras. D'ailleurs, elle avait commencé à se mutiler aux bras car elle avait attrappé une infection aux cuisses, et c'était bien trop douloureux pour elle de s'entailler à cet endroit. Elle remarqua, après qu'il ait fini de parler, que monsieur Corsas avait l'air d'être un peu perdu dans ses pensées, et elle s'en voulut d'avoir posé sa question. Elle aurait mieux fait de se taire, seulement voilà, elle avait ouvert sa bouche, et à présent, il fallait qu'elle trouve un moyen pour changer de sujet. Sans réfléchir, elle commenta sa réaction de tout à l'heure.


« Vous avez eu l'air surpris tout à l'heure quand... enfin... euh, quand j'ai mentionné une famille d'accueil. »

Elle retint son souffle, se disant qu'elle aurait encore une fois mieux fait de se taire, et sans laisser le temps au directeur de répondre, elle se retourna brusquement vers son lit. Elle se sentait stupide et affreusement gênée. Décidément, elle ne faisait que de mettre les pieds dans le plat. Respirant plus rapidement, elle se retourna à nouveau face au directeur. Son insolence était de retour.

« Écoutez, n'espérez pas me faire parler de ma vie ou de ce qu'il m'est arrivé, parce que vous n'y arriverez jamais... je suis ici uniquement parce que le juge a décidé de m'envoyer dans un centre plutôt qu'en prison. Mais pour moi, entre un pénitencier et ce centre, il n'y a aucune différence jusqu'à preuve du contraire. Comme il me l'a si bien dit lors de l'audience, je suis ingérable, intenable, et je ne suis qu'un cas désespéré aux yeux de la société. Donc voilà un petit conseil, faites comme tous les autres, et ne perdez pas votre temps avec moi. »

Avait-elle réussi à le convaincre d'abréger son calvaire?!
[HRP : euh, j'espère qu'elle n'a pas réussi à le convaincre... lol]

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 17:04

Non je n'étais pas au courant c'est vrai. La chose qui m'avait le plus énervé en étant jeune ici, c'était de voir que tout le monde connaissait déjà ma vie tout mon dossier....et ça me rendait malade car c'était des choses que j'aurais voulu ne dire qu'à des personnes choisies par mes soins. Du coup, depuis que j'étais directeur ici, je ne faisais pas cela. Je ne lisais jamais l'intégralité des dossiers. Je me retenais le nom, prénom, âge et lieu d'où venait la personne, c'était très largement suffisant.

Je souris donc faiblement la jeune fille et opine de la tête à sa remarque.


"C'est vrai, tu as raison. J'ignorais que tu avais fait le parcours famille d'accueil. Je n'aime pas lire les dossiers...si je dois savoir des choses de la vie de jeunes dans le centre, c'est à eux de le dire si ils en ont envie. Je n'ai pas à rentrer dans leur intimité. J'ai toujours détesté qu'on fasse ça..."

Trop de gens se permettaient de rire et commenter mon passé, je ne voulais pas que la même chose arrive à ces jeunes sous ma direction. Ils avaient le droit de prendre un nouveau départ eux aussi et il fallait qu'on leur laisse cette chance.

Je ne peux cependant m'empêcher de sourire de nouveau en voyant qu'elle redevenait un peu rebelle. Mais ses paroles ne me feront pas désarmées, au contraire même. A mon sens, il y avait beaucoup à faire avec cette jeune fille et elle pouvait devenir beaucoup plus de chose que ce qu'elle croyait.


"Il a eu raison de t'envoyer ici. La prison...c'est un endroit que je préfère faire éviter à mes jeunes. J'ai même déjà fait de la prison pour un jeune d'ici, parce que je savais que jamais il ne tiendrait le coup là-bas. Moi c'est différent, j'y avais déjà été alors je n'étais plus à une fois près. Toutefois, je préfère oublier cette période de ma vie si cela ne te gêne pas."

M'étant rapproché, je prends appuis contre l'armoire près de moi et regarde la jeune fille, l'air sérieux cette fois, les bras croisé, toujours calme cependant.

"Les autres t'ont laissé tombé alors...Et bien compte pas sur moi pour faire la même chose. Ce n'est pas dans mon caractère et pour le moment, ce que je vois de toi ne me dis pas que tu as aucun avenir, au contraire même. Bien entendu, je sais que je ne pourrais pas t'en convaincre aujourd'hui...mais d'ici quelques temps peut être.

Bon prête pour la visite ?"

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 19:41

Monsieur Corsas était de ses directeurs qui s'en fichent des jeunes qu'il accueille, tant qu'ils sont en vie et qu'ils le restent, c'est tout ce qui comptait. Tout du moins, c'est ce que pensait Erin. Peu importait le fait qu'il prétende vouloir aider, ou qu'il prétende ne pas aimer entrer dans l'intimité des gens, c'était son boulot de surveiller ses ados, et de les empêcher de s'entretuer... ou de se tuer tout court. À moins que ça ne soit par pure flemmardise qu'il ne lise pas les dossiers. C'est vrai quoi... des pages et des pages racontant comment une personne a vécu, ça doit être fatiguant ! Quoique, la vie d'Erin aurait pu faire l'objet d'un de ses téléfilms de série Z qu'on diffuse les samedis après-midis pour faire la morale aux parents indignes. Mais il paraissait presque sincère en parlant, alors soit c'était un bon acteur, soit il était honnête, ce qui, jusqu'à preuve du contraire, était impossible pour la rouquine. Jamais personne n'avait été gentil avec elle sans aucune raison. Elle décida de lui montrer qui elle était, histoire qu'il sache celle à qui il allait avoir à faire, et surtout, avec qui il s'apprêtait à devenir gentil. Cela le ferait peut être réfléchir, et il laisserait tomber avant qu'elle ne soit déçue une nouvelle fois.

Mais avant qu'elle n'ait eu le temps de répondre à sa fabuleuse tirade sur le respect de l'intimité des résidents du centre, il se mit à sourire, et pour la première fois, Erin sentit qu'elle pourrait en venir à apprécier cet homme un jour. À chaques fois qu'elle avait fait l'erreur de se dire qu'une personne était gentille, elle l'avait amèrement regretté. Cependant, comme si de rien n'était, il continua son discours, en prônant cette fois-ci que le juge avait eu raison de l'envoyer ici plutôt qu'en prison, en sous-entendant au passage qu'elle n'aurait jamais supporté la prison. Il en vint même à parler de son expérience personnelle. Seulement pour Erin, la prison, ce centre ou la mort étaient équivalents. Enfin, pas tout à fait, puisque dans la mort, elle n'existerait plus, ce qui, elle se le disait de plus en plus, ne serait pas une grande perte. Puisque quelques secondes auparavent elle n'avait pas eu la chance de lui montrer quel genre de fille incontrôlable elle est, elle allait le faire maintenant.

Mais là encore, le directeur fit un mouvement envers elle, et il s'approcha un peu, entrant dans la chambre et s'appuyant contre un meuble. Pendant se temps, Erin s'assit sur son lit, regardant l'homme qui était toujours là, et qui ne semblait pas vouloir partir. C'était un coriace celui-ci. Elle avait vissé son regard dans ses yeux, un bleu, un brun, et elle écouta ce qu'il avait encore à lui dire. Pour la deuxième fois en moins de cinq minutes, elle dû lutter contre la petite voix qui lui disait que c'était un homme bien, qu'il allait l'aider et lui montrer qu'elle pouvait avoir confiance. Non, elle ne devait pas se mettre à apprécier qui que se soit ici, ni demain, ni dans dix ans, sinon, elle serait encore plus détruite si c'était possible. Il fallait impérativement qu'elle lui montre à quel point elle pouvait être détestable, mais pour Erin, c'était plutôt un combat contre elle-même.


« J'ai toujours détesté qu'on me prenne de haut, vous savez, d'avoir cette impression que la personne qui est en face de moi, un exemple au hasard, un directeur, soit en train d'essayer de m'apprendre la vie avec de belles phrases toutes faites. En général, ça me donne encore plus l'impression que cette personne n'en a rien à faire de moi. »

Elle se leva de son lit, passa devant lui en levant la tête, regardant droit devant elle et sortit rapidement de la chambre en fermant les yeux, se disant qu'elle n'était qu'une personne horrible, mais que c'était la seule façon de se protéger elle-même.

« Let's go, allons donc visiter le reste ! »

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 20:09

Je crois que si j'avais pu avoir vent des pensées de la jeune fille, j'aurais assez souris. En effet, si vraiment je n'étais pas là pour aider les jeunes comme je le disais, je ne serais pas resté longtemps à ce poste, hors, cela faisait déjà 5 ans que j'étais là et bien là. Oui, à 19 ans on m'avait donné les rênes de cet établissement et depuis, je faisais tout ce que je pouvais pour le garder à flot, contenter les jeunes du mieux possible, leur réapprendre la vie et les éviter de passer par les chemins épineux que j'avais personnellement connu. Mais Erin ne me connaissait pas encore assez pour savoir tout ça. Elle ignorait ou ne voulait pas savoir, je ne savais vraiment en fait, que j'étais sincère envers elle et que jamais je ne la lâcherais, pour quelques raisons que ce soit. Même le jeune Nathan qui avait frappé violemment ma femme qui était enceinte, qui m'avait frappé moi aussi...même lui, je ne l'avais pas laissé tombé. Il n'allait pas beaucoup mieux c'est vrai, mais sa violence semblait s'être un peu almée. En tout cas, il avait un certain respect pour les autres qu'on ne pouvait lui enlever en dépit de sa violence.

Qu'importe, ce n'était pas là le sujet. J'écoute de nouveau la réplique de la jeune fille et ne peux m'empêcher de sourire une nouvelle fois, amusé par ses paroles. C'est donc ce qu'elle pensait de moi ? Que j'essayais de lui apprendre la vie avec de belles paroles ? Elle allait être déçu si tel était le cas.
Je la suis cependant car elle était partie avant que e n'ai el temps de répondre. M'attendant cependant devant la chambre, je la retrouve à ce niveau et profites de lui répondre.


"Tu crois vraiment que j'essaie de t'apprendre la vie ? A mon avis, tu la connais déjà et comme tu as dû t'en rendre compte, elle ne fait de cadeau à personne. Je n'ai pas à t'apprendre la vie parce que ta vie, ce n'est pas la mienne et ça ne le sera jamais. Tu as peut être atterri au même endroit que moi, ça ne me permet pas de dire que je vais te dicter ta conduite et que demain, tu seras l'enfant modèle comme on dit. Tout ce que je peux faire, tout ce que je dois faire, c'est te donner de nouvelles armes pour affronter ta vie. Je vais essayer en tout cas...après, ce n'est pas moi qui suis au commande."

Non en effet, je n'étais pas maitre de son destin. J'étais maitre du mien à la rigueur, lorsque le hasard ne se mêlait pas à tout ça, mais certes pas du sien. C'était à elle de se faire sa propre vie. Je lui donnerais des pistes, des idées peut être...ou simplement, je lui éviterai de se perdre, mais jamais je ne ferais sa vie.

Sur ces paroles, je me détourne et nous revenons sur nos pas dans le couloir pour descendre de nouveau au rez de chaussée.

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MessageSujet: Re: À deux doigts de l'hystérie // Libre   Jeu 24 Sep - 21:20

Est-ce qu'il était obligé d'être aussi gentil à tout ce qu'elle répondait ?! Il ne pouvait pas se contenter de la laisser dans son coin, et ne pas s'occuper d'elle ?! Erin commençait à se sentir un peu perdue. Elle n'était pas du tout habituée à ses élans de gentillesse et cela la rendait confuse. Alors que le directeur se dirigeait vers les escaliers, Erin ne bougea pas. Ce n'est qu'après quelques secondes qu'elle se décida a lui emboîter le pas. Sans rien dire, elle le suivit dans les escalier, repensant à tout ce qu'il lui avait dit depuis son arrivée. Non, elle ne devait pas se laisser aller et le croire. Depuis toujours, on l'avait déçue, blessée tant physiquement que psychologiquement, elle s'était elle-même blessée pour oublier la douleur morale qui l'étouffait parfois. Sans rien dire, elle le suivit simplement, totalement perdue dans ses pensées. Il aurait pu être en train de parler, mais elle ne l'aurait même pas entendu. Quand elle était comme ça, elle était totalement fermée.

Elle se rappelait d'un jour d'hiver, alors qu'elle était à l'école couverte de bleus. C'était lorsqu'elle vivait près de Paris, alors qu'elle parlait à peine français. Elle était dans la voiture, avec son beau-père, sa mère étant restée au lit. Celui-ci la menaça une nouvelle fois de lui démonter le portrait si elle parlait à qui que se soit de ce qu'il lui avait fait. Elle avait eu tellement peur qu'elle avait fait pipi dans son pantalon. Son beau-père s'était énervé, et il lui avait donné un coup de poing en plein dans le ventre. Le reste de la journée, elle ne s'en souvenait pas. Elle l'avait passé dans sa bulle, seule au fond de sa tête, n'écoutant personne, ne voyant personne, elle s'était totalement renfermée, à tel point que sa maitresse l'avait conduite à l'infirmerie et que c'était là-bas qu'elle s'était réveillée. Elle avait été prise de panique en voyant que le soleil se couchait, et surtout, en voyant l'infirmière qui tentait de la réveiller. Sans savoir pourquoi ni comment, elle s'était levée brusquement, et elle avait fini par renverser tout ce qui était sur une table en tentant de partir en courant.


« J'ai déjà été dans un centre une fois... » Sa voix était presque inaudible, et elle ne parlait pas pour le directeur, mais pour elle-même. « C'était comme les familles d'accueil, en pire... ça ne recommencera pas... ça ne recommencera pas... » Elle répéta la même chose plusieurs fois encore avant de se renfermer à nouveau. Elle se rappelait de ce foyer pour jeunes qui était en réalité un centre de correction. Elle n'y avait passé qu'une semaine avant que quelqu'un ne vienne la sortir de là. C'était la peine que le premier juge lui avait donné parce qu'il avait eu pitié d'elle. Lui aussi avait voulu lui éviter la prison, mais il l'avait expédiée dans ce qui ressemblait être l'enfer. Alors qu'ils arrivaient en bas de l'escalier, Erin retrouva ses esprits, inspira un grand coup, et cessa de penser à son passé, se concentrant sur la meilleure manière de pouvoir sortir de ce centre. Mais avant cela, elle devait terminer la visite des lieux, histoire de savoir au moins se repérer, sans avoir à demander son chemin à tout le monde. Mais avant, ayant reprit à nouveau du poil de la bête, elle s'interrogea sur deux choses qu'avait dites Rivaul.

« Tout à l'heure, dans votre discours, vous avez dit que la vie ne fait de cadeaux à personne. Vous mentez, je le sais. Il y a des gens qui naissent dans des familles heureuses, qui sont heureux toute leur vie, qui n'ont pas de problèmes que se soit financiers ou relationnels, parce que dans leur super famille, tout va toujours très bien. Et puis dans un deuxième temps, vous avez dit que même si vous êtes là, ce n'est pas vous qui êtes au commandes. En gros, vous voulez dire que ça dépend de moi et de ma volonté à m'en sortir. Vous insinuez que je n'ai jamais voulu être quelqu'un de bien, ou que je n'en ai pas la force nécessaire. Je trouve que c'est un peu prétentieux de votre part de penser que c'est vous qui allez me faire trouver le bon chemin dans cette vie qui ne fait pas de cadeaux. Toutes vos belles paroles, comment voulez-vous que je les croie ?! Moi, tout ce qu'on m'a appris sur cette terre, c'est qu'on ne peut se fier qu'à une seule et unique personne : soit-même. Alors pourquoi est-ce que je devrais vous faire confiance, vous croire et vous écouter ?! Pourquoi est-ce que je devrais me battre, si selon vous, la vie ne fait de cadeaux à personne ?! Autant abandonner tout de suite comme j'ai si souvent tenté de le faire... »

Pendant qu'elle parlait, elle s'était retournée pour faire face à monsieur Corsas. Son regard était devenu de plus en plus noir au fur et à mesure qu'elle déballait ce qu'elle pensait. Elle disait cela uniquement pour le provoquer, mais ça, elle était la seule personne à le savoir. Une fois sa tirade terminée, elle se remit à marcher, afin de continuer la visite des lieux.

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