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 Crise passagère ?! [Pv Maïssan]

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Daniela Davis
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MessageSujet: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Lun 12 Oct - 22:03


Crise passagère ?! Pas sûr...
***




Quel stress. Pourquoi est-ce que je me sens comme ça ? Il est onze et demi et je n'arrive toujours pas à dormir. J'étais en train de lire, avant une petite lampe allumée, mais mes colocataires ont décidé de m'embêter. Pourtant, je ne faisais pas de bruit, et il n'y avait pas autant de lumière que ça dans la chambre. L'armoire la cachait plutôt bien. Elles ne m'aiment pas, c'est pour ça qu'elles chipotent. Enfin, après avoir posé mon livre, et avoir éteint la petite lampe, j'ai décidé de me changer les idées avec mon lecteur mp3, seulement voilà, la batterie est à plat, et mon chargeur se trouve au font de mon sac. Vu les espèces de chacals qui me servent de camarades de chambre, je ne vais pas tenter le diable. Quoi que, je pourrais, comme ça, avec un peu de chance, l'une d'elles a un accès de violence, et on m'envoye hors d'ici ? Non. Quand même, c'est ma première semaine ici, je me suis promis de tenir une semaine. Je repose donc mon lecteur mp3, espérant trouver le sommeil qui ne tarde pas à venir me chercher. Les yeux fermés, mon inconscient m'emporte au loin.

Je les revois. Ils sont là, tous les trois. Devant la porte. Ils me bloquent le passage. « Je veux rentrer. Laissez-moi rentrer. » Ils me regardent droit dans les yeux. Le grand brun s'avance vers moi. Une gifle me retourne presque la tête à l'envers. Les larmes se mettent à couler sur mes joues, me mouillant le cou. Je tente de me relever, mais le grand brun me regarde d'un air menaçant. Il me dit de ne pas parler, qu'à partir de ce moment-là, il ne veut plus entendre ma voix. J'ouvre la bouche pour protester, mais je me ravise de suite. Assise sur un matelas à même le sol, je ne me rends pas encore compte que cela allait être à peu près le seul endroit que je verrais pendant les prochaines années. Le grand brun rejoint les autres, et ils sortent, fermant la porte à clef. Regardant autour de moi, je m'aperçois qu'il y a un lourd rideau noir à quelques mètres de moi. La pièce est si petite que je pourrais presque toucher les parrois rien qu'en m'allongeant au sol. Je tire le rideau, et je vois une fenêtre si petite que mon pied ne pourrait pas y passer. Les larmes continuent de couler sur mes joues et ce, pendant plus de trois heures. C'est à ce moment là que le petit blond ouvre la porte. Il m'amène un plateau : du pain, un petit bout de viande, et de l'eau. J'avale le tout en quelques secondes, entre deux sanglots, et le blond m'enlève le plateau sans aucune émotion sur son visage et referme la porte à clef. Je m'évertue à taper dessus pendant une heure cependant. « Laissez-moi partir ! Ouvrez ! Je n'ai rien fait ! S'il vous plait, je vous en supplie... » Le grand brun réaparait alors, me donne un coup de poing et repars, me laissant le nez en sang.

Puis le noir m'envahit. Je sens une main sur chacune de mes épaules, et je me réveille en sursaut. Une de mes camarades me dit que je me suis mise à hurler pendant mon sommeil. Effrayée, je la repousse violemment et elle tombe à terre. Je ne peux que dire que je suis désolée, je prend une veste et je sors de la chambre, en courrant comme une folle dans les escaliers. Je ne m'arrête que lorsque je trébuche sur la dernière marche et m'étale à terre. Je me relève péniblement, vérifie qu'il n'y a pas de mal, et reprend mon chemin doucement, en marchant cette fois-ci. Ce rêve, ou plutôt ce cauchemar, je l'ai fait des centaines de fois. À chaques fois, quelqu'un vient me réveiller parce que je hurle, perturbant le sommeil des autres. Heureusement, je ne suis jamais arrivée à la fin de se cauchemar, je suis sûre que je ne le supporterais pas. Revivre ses temps passés à ne manger presque rien, à ne dormir que d'un oeil, à prendre des coups et bien pire parfois. Ma mère ne comprenait pas pourquoi je mangeais pour trois depuis mon retour. Si elle avait passé autant de temps que moi sans manger, elle comprendrait. Enfin. Je ne suis pas là depuis très longtemps, mais je sais exactement ce que je recherche. Premier sous-sol, derrière la grande porte grise.

J'entre dans la cuisine, vérifiant quand même au cas où si quelqu'un ne serait pas dans le coin. Je me dirige directement vers le grand frigo que j'ouvre. J'ai envie de quelque chose de sucré, comme à chacunes de mes virée nocturne. Il y a une forêt noire à moitié entamée déjà. Je la sors de son emballage, prend une fourchette, et commence à la manger. Je fais de même avec un deuxième gâteau non identifié qui était juste à côté. Arrivée vers la fin du deuxième gâteau, je suis prise de nausées. Oh non, pas encore ! J'ai juste le temps de prendre une poubelle et de me mettre à côté, au cas où. Je regarde ma montre, une heure vingt du matin. Si j'attend une vingtaine de minutes, ça ira mieux. Je pourrai remonter, et tenter de dormir un peu.


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Maïssan Al Samari
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Mar 13 Oct - 9:18

Voilà quelques heures seulement que Maïssan avait commencé réellement son tout nouvel emploi d'éducatrice au centre. En fait, durant la journée de la veille, la jeune femme d'origine syrienne s'était rendue, confiance, à l'adresse indiquée. Elle avait ensuite rejoint le bureau du directeur avec qui elle avait eu un entretien qui s'était très bien déroulé. Rivaul était gentil, et avait le don de mettre les personnes qu'il recevait à l'aise, lui, au moins. C'est en tout cas ce qu'avait constaté la nouvelle éducatrice en entendant les premières paroles de Monsieur Corsas.
Puis la joie s'était emparée d'elle comme jamais auparavant, en apprenant qu'elle avait gagné sa place ici, et était donc de suite allée dans le bureau des éducateurs pour y rencontrer le seul qui travaillait en tant que tel dans ce centre. Pour l'instant, elle n'avait en fait pas vraiment commencé à travaillé, elle n'avait fait que visiter, et rencontrer des personnes.

Une fois rentrée chez elle, elle avait lu soigneusement le règlement du centre afin de se tenir au courant tout de même. Son estomac réclamant un peu de nourriture, elle s'était ensuite cuisinée des riz et des lentilles, sur lesquels elle avait ensuite appliqué ce fameux yaourt qu'elle cuisinait avec de l'ail et de la menthe : plat qu'elle était habituée à manger chez elle, en Syrie.
Elle avait ensuite mangé seule, en tête à tête avec son chat nommé Bouboule, s'imaginant toutes sortes de scénarios qui pourraient désormais l'attendre au centre.

Le lendemain, elle avait mis son réveil et lorsque 7h00 avait sonné, elle s'était empressée de prendre une bonne douche, de s'habiller, déjeûner, se coiffer, et tout autre acte qu'elle avait l'habitude de faire avant de quitter son appartement.
Puis elle avait donné à manger à Bouboule avant de partir, en route vers son nouveau lieu de travail. Elle n'avait pas encore rencontré beaucoup de personnes, et avait bien l'intention de se concentrer à ses nouvelles tâches aujourd'hui.

Elle avait commencé par faire du triage dans les dossiers qui s'étaient empilés durant la longue absence de Thierry. Si elle pouvait aider ainsi, alors elle le ferait bien volontiers, et c'est d'ailleurs ce qu'elle avait fait tout le matin.
Puis la journée avait passé bien rapidement au goût de la jeune éducatrice, et la nuit arriva.
Cependant, elle ne rentra pas chez elle de suite. Non, pas aujourd'hui, puisqu'elle était de garde cette nuit. 01h00 s'affichait à sa montre lorsqu'elle la consulta.
Voilà une demi-heure qu'elle faisait un tour au premier étage, puis qu rez-de-chaussée.
Elle décida de descendre au sous-sol, juste histoire de s'assurer que tout allait bien pour tout le monde, et que personne n'avait de graves problèmes, choses qui arrivaient parfois.

Maïssan descendit donc les escaliers. C'est alors qu'elle entendit un bruit, bruit qui lui parut inhabituel. Ne se fiant alors qu'à son ouï, elle se dirigea vers la cuisine, et, lorsqu'elle ouvra doucement la porte, elle constata qu'une adolescente mangeait, la tête dans le frigo, ou vers celui-ci du moins, et semblait pressée de manger tout ce qui lui tombait sous la main.
Maïssan pensa alors à une crise de boulimie, crise qu'elle avait souvent constaté chez certains jeunes du centre à Aix où elle travaillait avant.
Elle commença à s'approcher, mais de toute évidence, l'adolescente ne l'avait pas encore vu, et elle se mit alors à vomir dans la poubelle qui se trouvait juste à côté. Du moins, si elle ne vomissait pas, elle restait à côté de la poubelle, sans doute au cas où...

Maïssan s'approcha de la jeune fille sans dire un mot, doucement pour ne pas l'effrayer, puis commença à parler, histoire de ne pas l'effrayer ou se la mettre à dos.

"Bonjour".

Se contenta-t-elle alors de dire, attendant de voir la réaction de l'adolescente.
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Daniela Davis
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Mar 13 Oct - 20:49

Alors que j'oscillais entre de fortes nausées et l'envie de manger encore plus, je m'étais cependant arrêtée. La tête au-dessus de la poubelle, et assise contre une armoire qui était là, j'attendais que mon estomac se calme un peu. Autant j'adore manger, autant la partie où je suis malade, j'aime moins. J'en avais l'habitude depuis peu, depuis mon retour à la vie normale. Ma mère le savait très bien, elle savait parfaitement que lorsque je disparaissais dans la cuisine, c'était pour une seule et unique chose : vider les placards et puis m'enfermer dans la salle de bain droit derrière. Du coup, alors que je regardais le fond de la poubelle, je me disais que le meilleur moyen de faire passer ça, c'était encore de combattre le mal par le mal, et de me faire vomir une bonne fois pour toutes. Les premières fois, je l'avais fait en tremblant, j'avais peur. Mais au fil du temps, je m'étais habituée et tout de suite après, je me sentais nettement mieux, plus légère, soulagée. C'est étrange comme un acte si répréhensible aux yeux de beaucoup de monde pouvait me rendre de meilleure humeur, pouvait me soulager ! Pourquoi devrais-je m'en empêcher ?

Alors que je m'apprête à mettre mon index et mon majeur au fond de ma gorge, j'entend un bruit de pas. M'accrochant à la poubelle, je recule toujours adossée à l'armoire, me faisant glisser sur le sol. Une voix féminine me dit bonjour. Je la regarde la tête basse, me méfiant. Qui pouvait bien se balader par ici en plein milieu de la nuit ? Sûrement pas quelqu'un qui allait me vouloir du bien. Respirant un peu plus rapidement, je tente d'apercevoir le visage de mon interlocutrice, mais il fait un peu trop noir.

« Ne... ne vous approchez pas. »

Je tente de respirer calmement, me disant que pour le moment, rien de mal n'était arrivé. Cette personne ne m'avait pas sauté dessus pour me rouer de coups, ou pire. Pour le moment, elle était arrêtée et ne bougeait pas beaucoup. Me relevant doucement, la poubelle dans une main, me servant de l'autre pour me soulever du sol, je ne quittais pas l'ombre face à moi des yeux.

« S'il vous plait, restez là... »

Entre mon cauchemar, le fait d'avoir changé de domicile deux fois en un mois, je ne savais plus trop où j'en étais. Ce que j'avais espéré être une sorte d'ordre afin qu'elle reste le plus loin possible s'avérait ressembler plus à une supplication ou une prière désespérée qu'autre chose. Je n'avais plus aucune notion de qui étaient les gentils, les méchants, je ne savais plus ce que je faisais, je ne comprenais plus rien. De plus, le manque de drogue commençait à se faire ressentir, mais je savais ce que je devais faire pour y combattre, et j'y parviendrais. Mais pour le moment, je tâchais de ne pas céder à la panique, même si c'était plutôt mal parti pour cela. Entre les nausées et la peur que je ressentais, c'était difficile de ne pas craquer. De plus, ma respiration était de plus en plus rapide, hors, j'avais laissé mon inhalateur dans la chambre. Si une crise me prenait, j'allais être mal barrée. Inspirant profondément, très doucement, j'ouvris un peu plus la porte du frigo afin que la lumière atteigne le visage de la jeune femme qui se tenait toujours là.

« Vous êtes qui ?! »

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Maïssan Al Samari
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Mer 14 Oct - 9:07

Maïssan n'avait aucunement l'intention de lui faire peur, et pourtant, c'est apparemment ce qui s'était produit. Pour une première rencontre, ça aurait pu être mieux. Mais ça aurait aussi pu être pire, et la jeune éducatrice savait pertinemment que la plupart des jeunes présents ici refusaient certainement de collaborer, surtout avec une nouvelle venue en laquelle ils n'avaient certainement pas confiance.
Et cela, Maïssan le comprenait tout à fait. Il fallait avouer que elle aussi ne parvenait pas à faire confiance au premier venu, tout simplement parce qu'elle trouvait que la société dans laquelle nous vivions tous n'était pas une société qui inspirait confiance. Il suffisait de se planter devant la télévision tous les jours à 20h00 pour le constater. Et celui qui se refusait d'y croire refusait donc de voir la vérité en face, car non, notre société n'était pas idéale, bien au contraire, et bien malheureusement, personne n'était innocent.
Bref...

La jeune éducatrice hésita. Devait-elle s'avancer malgré tout ou non ? Car l'adolescente lui avait expressément demandé de ne pas l'approcher. Finalement, Maïssan décida de ne pas bouger. Elle n'avait pas envie de l'effrayer ou de lui faire du mal, là n'était pas son intention. Au contraire, elle avait envie d'inspirer confiance, et elle voulait vraiment aider cette adolescente qui semblait en proie à une crise de boulimie.

"Ecoute. Je n'avais pas l'intention de t'effrayer. Alors... Si je t'ai fais peur, je m'en excuse. Si tu ne veux pas que je m'approche, alors ok, je reste là."

Maïssan ne bougea pas. Attendant sans doute une instruction de la part de l'adolescente, attendant que cette dernière veuille bien lui faire un peu plus confiance. Mais elle n'avait pas non plus l'intention de s'en aller, hors de question. L'adolescente avait besoin d'aide, et Maïssan pensait pouvoir l'aider, elle ferait de son mieux en tout cas.
L'adolescente avait l'air perdue, et cela déchirait Maïssan qui n'aimait pas voir les autres malheureux. Et justement, elle espérait pouvoir l'aider, ne serait-ce qu'un tout petit peu.

C'est alors que l'adolescente ouvrit la porte du frigo. Allait-elle manger ? Là maintenant, sous ses yeux ? Non, impossible... Et effectivement, l'adolescente ne mangea pas. Non, au contraire, Maïssan réalisa alors qu'elle avait sans doute fait cela pour pouvoir apercevoir le visage de l'éducatrice, cachée dans l'ombre. Maïssan se recula.

"Ecoute, je... Je vais allumer la lumière pour que tu puisses me voir entièrement si tu veux".

Maïssan recula donc un peu, et appuya sur l'interrupteur. La lampe éclaira alors toute la pièce. Ainsi, l'adolescente pouvait voir le visage de l'éducatrice, et Maïssan pouvait enfin voir celui de l'adolescente, qui semblait paniquée.
L'éducatrice se ravança de nouveau à l'endroit où elle était avant d'allumer la lumière. Mais elle n'avança pas plus, et ne le ferait pas, pas tant que l'adolescente ne l'y autoriserait pas.

"Je m'appelle Maïssan Al Samari. Je suis nouvelle ici, je suis une éducatrice et je suis de garde ce soir".

Voilà. Au moins, cela expliquerait sans doute la raison de sa venue ici pour l'adolescente. Si elle avait d'autres questions, alors qu'elle n'hésite pas. Mais Maïssan constata que son interlocutrice avait du mal à respirer. Du moins, sa respiration semblait se faire de plus en plus rapide. Etait-elle asthmatique ou un truc du genre ?

"Ecoute calme-toi. Je ne te veux aucun mal, je ne suis pas là pour ça. Respire lentement, calme-toi."

Elle avait dit cela d'une voix rassurante et calme, douce afin de ne pas plus effrayer la jeune fille. Du moins, c'est ce que l'éducatrice avait tenté de faire, et espérait que l'adolescente le ressentirait ainsi.
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Daniela Davis
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Mer 14 Oct - 16:50

Dans la pénombre, elle n'avait pas l'air très grande. Et puis c'était une fille. Elle ne devait pas être très effrayante, mais après ce que j'avais vécu, même un enfant pourrait être effrayant à mes yeux. Des flashs du petit blond, celui qui avait deux centimètres de moins que moi lorsque j'ai été retrouvée, me revinrent en tête. Il était petit, tout frêle, mince, pas de masse musculaire, et pourtant, c'était le plus cruel des hommes à qui j'avais eu à faire. Les brûlures de cigarettes, c'était son idée. Un jour, il était venu me voir, sa clope à la bouche, et il m'avait regardée pendant deux bonnes minutes sans rien dire. Quand il parlait, il me faisait déjà peur, mais quand il ne parlait pas, il avait ce regard d'animal fou qui est prêt à bondir à tout moment sur sa proie. J'avais compris qu'il allait se passer quelque chose avant même qu'il ne s'approche de moi. Il me prit le bras, et bien que je me sois débattue, il écrasa sa cigarette sur mon bras, m'arrachant un hurlement de douleur qu'il fit taire en me donnant un coup de poing au visage. C'est également le petit blond qui avait eu l'idée de me laisser sortir prendre l'air avec une corde attachée autour du cou. Si je tentais de m'éloigner, il tirait dessus, si je faisais un pas de travers, il tirait dessus. Je m'étais étouffée tant de fois que j'avais perdu le compte. Heureusement, ou malheureusement pour moi, il y avait un médecin qui venait à chaques fois. Il me prenait en charge. Lorsque je devais être hospitalisée, il faisait en sorte qu'aucune infirmière ne vienne sans qu'il ne soit là, à me surveiller. Ainsi, il m'était impossible de parler, de dire ce qu'il se passait. Par contre, ce n'était pas le petit blond qui avait eu l'idée de se servir de moi pour sa satisfaction personnelle. Mais le petit blond me faisait peur, rien que d'y penser, j'en avais des frissons.

Alors oui, cette femme avait beau être petite et toute mince, elle était terrifiante à mes yeux. Cependant, lorsque je lui avais demandé de ne pas s'avancer, elle s'était exécutée. Elle était restée là, dans la pénombre. Même si elle ne bougeait plus, je sentais ses yeux fixés sur moi. Elle s'excusa de me faire peur. Ma respiration saccadée, mon coeur battant fort, je sentais les nausées de plus en plus fortement. Elle confirma qu'elle allait se plier à ma volonté et ne pas bouger. J'aurais dû en être soulagée, mais la petite voix au fond de ma tête me dit alors que j'étais stupide, que c'était sûrement quelqu'un du centre qui passait par là pour vérifier que tout allait bien, que personne n'était en train de faire de bêtise dans les couloirs, ou dans la cuisine. Je me sentais comme prise au piège. Je perdais tout contrôle, que se soit sur moi, ou sur la situation. J'étais tellement perdue que je ne savais même plus qui j'étais. Mais je savais une chose, il fallait que je vois son visage, peut-être que cela me rassurerait de voir sur ses traits qu'elle voulait réellement dire ce qu'elle disait. Mais la lumière du frigo ne servait à rien, j'arrivais à peine à distinger la couleur de ses vêtements. C'est alors qu'elle proposa d'allumer la lumière, ce qui me rassura un peu. Elle s'éloigna doucement, et en plissant les yeux à cause de la lumière qui innondait la pièce soudainement, je la vis se mettre là où elle était au départ. Au moins, elle n'en avait pas profité pour s'approcher.

Oui, c'était bien une femme qui semblait innoffensive. Je l'observai quelques secondes, alors qu'elle se présentait. Al Samari. Cela avait une consonnance orientale pour moi, mais après tout, je n'y connaissais rien. Je parlais assez mal le français, alors en ce qui concerne la géographie ou l'origine des noms, j'étais sûre à 85% de me tromper. Elle me confia ensuite qu'elle était nouvelle. Tient, moi aussi. Nous avions un point commun au moins. J'étais là depuis une semaine, donc j'étais encore une petite nouvelle. Mais au moins, je savais à présent que ma petite voix avait raison : elle travaillait ici, et il était donc normal qu'elle soit dans les couloirs à cette heure-ci. Stupide petite voix, elle avait toujours raison. Un peu rassurée, je relâchai ma prise autour de la poubelle que je me risquai à poser au sol, sans pour autant cesser de regarder Maïssan, un peu pour être sûre qu'elle n'allait pas se jeter sur moi ou quelque chose du genre. Je me redressai un peu péniblement, et ce n'est que lorsqu'elle mentionna le fait que je devais rester calme et que je devais respirer lentement que je remarquai qu'effectivement, je respirais mal. J'avais mal à la poitrine. Elle avait l'air de sincèrement vouloir que je me calme, et aussi de vouloir me rassurer. Il allait bien falloir que je lui fasse confiance de toutes façons, je n'avais pas le choix, n'ayant pas mon inhalateur sur moi, je devais réellement me calmer.

Je jetai un dernier coup d'oeil à Maïssan, presque à bout de souffle, puis je fermai les yeux, portant une main sur ma poitrine. Ça ne servait à rien, mais c'était un tic que j'avais depuis toujours, et en général, ça me calmait. Ce qui fonctionnait le mieux, c'était lorsque ma mère ou mon frère me prenait dans ses bras et me berçait doucement. Ça avait un effet apaisant, et en quelques minutes, j'allais mieux. Je parvenais à reprendre mon souffle et à reprendre ma vie à peu près normale. Mais là, pas de maman, pas de frère, juste moi, et l'éducatrice qui devait sûrement se dire de belles choses sur la petite idiote que je suis. Aller, il fallait que je respire mieux, un... deux... trois... quatre... et on expire, un... deux... trois... quatre. On inspire à nouveau. Aller Dani, tu peux le faire. Après plusieurs secondes, effectivement, j'allais un peu mieux. Je rouvris les yeux et regardai Maïssan qui n'avait pas quitté la pièce. Entre deux respirations moins saccadées qu'auparavent, je parvins à placer quelques mots.

« Désolée. »

Je l'étais tant pour avoir paniqué à sa vue que pour la situation dans laquelle elle m'avait trouvée ainsi que pour le fait de lui avoir imposé cela. Continuant de me calmer, je ne savais pas trop si je devais me justifier de ma présence ici, ou si elle allait me le demander elle-même.

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Maïssan Al Samari
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Mer 14 Oct - 20:02

L'adolescente semblait de nouveau perdue dans ses pensées, pensées qui n'avaient pas l'air de constituer un rêve bien joyeux, et cela faisait beaucoup de peine à Maïssan de voir que finalement, beaucoup de personnes étaient malheureuses, bien trop à son goût. Cependant, elle réussissait à ne jamais montrer ce qu'elle ressentait vraiment, pas en face d'un adolescent qu'elle était censée aider en tout cas. C'était après tout une question de professionnalisme, et Maïssan était une femme professionnelle, sans pour autant avoir l'air d'un robot tout de même.
Et bien malheureusement, Maïssan apercevait un peu de peur dans les yeux de l'adolescente. Ainsi donc, l'éducatrice effrayait la jeune fille. Pourtant, elle ne paraissait pas menaçante, du moins, c'est ce qu'elle essayait de ne pas paraître, et ne l'était pas du tout par ailleurs. Mais après tout et effectivement, il faisait noir et ceci n'aidait donc pas la jeune fille à se sentir en confiance, sans aucun doute.

Ceci était aussi l'une des raisons pour laquelle Maïssan avait allumé cette lumière après avoir prévenu l'adolescente de son geste bien entendu.
Lorsque Maïssan se présenta, elle sentit le regard de son interlocutrice se fixer sur elle. Elle était observée, mais qu'importe, elle comprenait tout à fait les agissements de l'adolescente qui ne lui faisait pas confiance de toute évidence, du moins, pas encore confiance. Ceci viendrait peut-être... avec le temps... C'est en tout cas ce qu'espérait la jeune éducatrice qui voulait, plus que tout, venir en aide à l'adolescente, qu'elle ne considérait pas comme stupide, bien au contraire.

Maïssan constata alors que, effectivement, l'adolescente avait du mal à respirer, et elle semblait avoir mal à la poitrine, puisqu'elle posa sa main sur celle-ci. La jeune éducatrice n'approcha cependans pas, tout simplement parce que la jeune fille ne l'y avait pas autorisé. Elle attendrait donc l'autorisation de cette adolescente, sauf si un imprévus urgent se manifestait, bien entendu.
L'éducatrice avait bien l'intention de proposer son aide, mais il lui sembla que la respiration de son interlocutrice s'améliora. Et d'ailleurs, quelques minutes plus tard, la jeune brune s'excusa. Du moins, elle ne s'excusa pas comme tel, mais avoua qu'elle était désolée.
Mais désolée de quoi ? Elle n'avait pas à l'être, rien n'était de sa faute. Elle n'avait donc pas à se sentir coupable ni à être désolée ou quoique ce soit de ce genre.

"Tu n'as pas à être désolée".

Déclara Maïssan, d'une voix confiante tout en restant calme et douce afin de ne pas effrayer l'adolescente.
Quant aux raisons de la présence de l'adolescente dans cette cuisine, Maïssan ne poserait aucune question. Pas tout de suite, ça n'était pas son but, elle avait plus l'intention de l'aider. Elle n'avait pas l'intention de lui demander des comptes, puisque de toute façon, l'éducatrice savait pertinemment que la jeune fille faisait une crise de boulimie dans cette cuisine, et que c'était sans doute pour cela qu'elle était venue ici en pleine nuit.
Mais ces crises s'évanouiraient avec le temps, et un jour, la brune pourrait vivre normalement, si toutefois la normalité existait réellement. En tout cas, l'adolescente pourrait vivre heureuse, mieux que maintenant en tout cas, sans doute, et Maïssan en était sûre.
Elle ne la disputa donc pas, et d'une voix toujours aussi douce, reprit la parole.

"Tu... Ecoute tu ne devrais pas faire ça... Tu veux bien me dire ton nom ou ton prénom s'il-te-plaît ? Juste histoire que je sache quelle est la première personne que je rencontre ici depuis mon arrivée. Mais seulement si tu le veux, je n'ai pas l'intention de te forcer à faire quoique ce soit".
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Jeu 15 Oct - 14:47

Je n'avais pas à être désolée. Facile à dire. Une foule d'émotions négatives me submergeait. J'étais partagée entre la honte, le dégoût de moi-même et la haine envers moi-même. L'envie de pleurer pointait le bout de son nez également, et je me disais que si je ne me calmais pas, j'allais attérire à l'infirmerie, en sanglots, sans pouvoir respirer. Il fallait que je me calme, que je reprenne le contrôle de moi-même et de la situation. Heureusement pour moi, Maïssan était gentille, et sa présence bien que gênante au vue de la situation me calmait. Me forçant à respirer plus lentement, je parvenais à ne pas fixer l'éducatrice. Elle me faisait moins peur. Pour ma défense cependant, j'avais eu la malchance de me réveiller en sursaut, et d'avoir eu jusqu'à présent de mauvaises expériences avec des arrivées innopinées. Mais cela n'excusait pas mon comportement. J'étais nulle, tout simplement. Voilà tout.

Une vague de silence s'abbatit sur Maïssan et moi. On n'entendait que ma respiration encore saccadée que je tentais de ralentir. Pendant cet instant ou nule ne parlait, il planait une atmosphère plus légère. Je me rendais compte que l'éducatrice ne me voulait aucun mal, elle était là uniquement parce que c'était son travail, et elle n'avait apparemment pas l'intention de me disputer. Sa voix résonnait dans ma tête, elle était calme, douce. Je fermai les yeux encore quelques secondes, m'emplissant au maximum de se calme afin de retrouver mon souffle. Je rouvris les yeux lorsqu'elle reprit la parole. Je ne devais pas faire ça. C'était son point de vue à elle, pas le mien. Moi, je me sentais mieux. Peut être pas physiquement, vu que les nausées n'étaient jamais agréables, mais une fois cela passé, j'étais mieux, plus légère, plus calme, plus en paix. Alors son avis, non, ce n'était pas le même que le mien. Pourquoi arrêter quelque chose qui me faisait aller mieux ? Je ne faisais de mal à personne.

Et puis elle me demanda mon nom ou mon prénom. Zut, mon nom, est-ce Daniela ou Davis ? Je confondais toujours le prénom et le nom. Il fallait que je réfléchisse, et vite, mais impossible de mettre mes pensées dans l'ordre. Je ne parvenais pas à trouver. Ma tête était remplie de pensées, j'avais l'impression d'avoir une foule dans ma boîte cranienne et cela me donnait bien souvent la migraine. Et puis elle enchaina en disant que j'étais la première personne qu'elle rencontrait ici. Je cessai de respirer quelques secondes, me disant qu'elle n'avait vraiment pas de chance d'être tombée sur moi. Respirant à nouveau, je la regardai d'un air à nouveau désolé. J'étais son premier cas social. La première personne à qui elle avait à faire. Et comme par hasard, c'était une espèce de petite boulimique en pleine crise qui se mettait à paniquer à la moindre occasion. À nouveau la petite voix se moquait de moi, me disant que j'étais décidément encore plus nulle que ce que je pensais. Surtout que Maïssan était très gentille. À tel point qu'elle ne me forçait même pas à dire comment je m'appelle. Cela me fit mal de voir à quel point elle était compréhensive et gentille, et que moi, je n'étais qu'une idiote. Le silence retomba pendant quelques secondes, un silence à nouveau apaisant. Je respirais m ieux. La voix calme de l'éducatrice qui résonnait encore dans ma tête m'aidait et je me décidai de lui répondre dans un souffle.

« Daniela Davis... ou Dani. »

Devais-je lui serrer la main ?! Je fis un pas en avant, avant de me raviser et ne rester là ou j'étais. J'étais fatiguée soudainement, la tête me tournait un peu. J'avais fait trop d'efforts décidément. À quel genre d'ennuis m'étais-je exposée ce soir ?

« Désolée d'avoir eu peur. Je pensais être seule. »

Je pensais être seule, oui, et je pensais surtout que quiconque aurait assisté à la scène serait parti. Mais je m'étais lourdement trompée. D'ailleurs, maintenant que j'y repensais, une question me tourmentait. D'une toute petite voix qui ressemblait à peine à murmurre, je décidai de la poser.

« Vous êtes là depuis longtemps ? »

Si elle venait juste d'arriver, peut être que je pourrais encore tenter de noyer un peu le poisson en disant que ce n'était pas moi qui avait fait ça. Que j'avais juste eu un petit creux, rien de plus. Après tout, c'est le genre de choses qui arrive souvent quand on est jeunes, on a une petite faim en plein milieu de la nuit, on mange quelque chose, et tout va mieux ensuite. Ce serait dommage de faire fermer la cuisine à cause de moi. Les autres ne devaient pas payer pour moi. Par contre, si elle était là depuis plus longtemps, je ne savais pas trop ce que je pourrais dire pour tenter de sauver ma situation.

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Maïssan Al Samari
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Ven 16 Oct - 11:44

Bien sûr que non, Maïssan ne voulait aucun mal à l'adolescente qui se trouvait face à elle, bien au contraire. Car oui, c'était son travail de s'occuper des jeunes en difficulté. Mais aussi parce que la nouvelle éducatrice, indépendamment de son nouveau travail, ne supportait pas de voir la souffrance dans les yeux des autres. Alors peut-être par égoïsme après tout, elle tentait toujours d'aider ceux qui étaient dans le besoin, parce qu'étant plus jeune, elle aurait aussi aimé qu'on l'aide à surmonter la mort de celui qu'elle aimait tant. Et bien qu'elle n'ait pas mal tourné ou qu'elle n'ait pas eu de problèmes spécialement liés à ce jour où sa vie avait basculé, Maïssan aurait aimé que quelqu'un lui vienne en aide pour la réconforter. Alors oui, la jeune femme ferait tout pour aider cette adolescente et toute autre personne qui en aurait besoin.
Alors non, son interlocutrice n'avait pas à se sentir nulle, ridicule ou gênée, car Maïssan ne portait aucun jugement, jamais. Juge n'était pas son métier. Après tout, qui était-elle pour juger les autres ? Personne. Elle n'était qu'une toute petite poussière minuscule sur cette terre, alors elle ne pouvait se permettre de faire ce genre de choses, choses que seul un être hors du commun pouvait faire selon Maïssan : le Dieu tout puissant en lequel elle croyait plus que tout.

Donc oui, il était bien plus facile à dire qu'à faire certaines choses, mais Maïssan se devait de préciser cela à l'adolescente : elle n'avait pas à être désolée, quoiqu'elle veuille bien en dire. Et effectivement, Maïssan était persuadée que se faire vomir n'était pas une solution. Peut-être que, bien sûr, l'adolescente se sentait mieux après, mais ça n'était pas une solution. Cette sensation d'allait mieux n'était qu'une sensation après tout. Et puis se faire vomir n'était certainement pas très bon à la santé de cette jeune fille, même si elle était persuadée du contraire. Maïssan le savait bien, et avait rencontré des personnes dans le même cas lors de son stage à Aix.

C'est alors que, attendant que l'adolescente veuille bien répondre à la question de Maïssan quant à son prénom et à son non, le silence retomba dans la salle. Un silence qui se voulait opressant selon Maïssan, car elle ne savait pas si l'adolescente était sufisamment en confiance pour pouvoir donner ce genre de réponse.
Le silence perdura donc un court instant, et enfin, la voix de l'adolescente raisonna dans la salle. Une vois qui ne se voulait pas agressive heureusement, et que Maïssan écouta attentivement. Daniela Davis. Bien. Peut-être que plus tard, elle chercherait la raison de sa venue ici dans son dossier. Daniela décréta qu'on pouvait l'appeler Dani. Bien... Maïssan l'appellerait sans doute Dani avec le temps, tout dépendait de son humeur, et de celle de son interlocutrice aussi, bien entendu.

Maïssan pensa un instant que Daniela accepterait de s'approcher de l'éducatrice face à elle, puisqu'elle fit un pas en avant, mais recula aussitôt. Tant pis, ça serait sans doute pour une prochaine fois. Cependant, Dani semblait bizarre, pas très en forme en tout cas, selon les pensées de la jeune femme. Cependant, l'éducatrice ne bougea toujours pas, tout simplement parce que sa nouvelle rencontre ne l'y avait pas autorisé, et elle ne voulait donc pas la brusquer ou l'effrayer de nouveau.
C'est alors que Daniela s'excusa une fois de plus. Elle était désolée. Non, elle n'avait pas à l'être, rien n'était de sa faute, et Maïssan était là pour l'aider. Elle n'avait donc pas à être désolée, bien au contraire. Cependant, Maïssan ne répéta pas cette phrase une nouvelle fois, mais n'en pensa pas moins. Elle se contenta de faire un geste de la tête, comme pour dire : ne t'inquiète pas tout ira bien. Tu n'as pas à être désolée.

Maïssan lui posa ensuite une question. Si elle était là depuis longtemps ? Ah lala, non, pas du tout, loin de là. A vrai dire, elle n'était éducatrice ici que depuis hier, et cette nuit était sa première nuit de garde. Maïssan secoua donc la tête légèrement de droite à gauche afin de donner une réponse négative.

"Non non, pas du tout. Je ne suis embauchée que depuis hier à vrai dire."


Cependant, ne nous emballons pas, Maïssan ne se laisserait pas avoir par des "excuses" déjà toute faite du genre : j'ai eu un petit creux alors je suis descendue... Non. Maïssan était peut-être nouvelle ici, dans ce centre, mais elle avait déjà travaillé un certain temps à Aix en tant que stagiaire, et puis les excuses de ce genre, elle les connaissait. Elle aussi avait été enfant après tout, même si elle avait vite grandi, et elle avait aussi connu beaucoup de personnes pour reconnaître le vrai du faux. Et en principe, elle ne se trompait pas. En principe bien sûr.

"Je... Je n'ai pas lu ton dossier. De toute façon, je n'aime pas me fier aux dossiers des gens, tout simplement parce que pour moi, la vie d'une personne ne se résume pas qu'à de simples bouts de papier. Alors. Est-ce que tu veux bien me dire si toi, tu es là depuis longtemps ? Et quelles sont les raisons de ta venue ici ? Tu n'es bien sûr pas obligée. Si c'est trop tôt pour toi alors..."
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Daniela Davis
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Dim 18 Oct - 17:08

J'avais tellement de mal à me faire comprendre. J'en avais eu l'exemple tous les jours lors de ma captivité, et lorsque j'avais retrouvé ma famille aussi. Eux, ils parlaient relativement bien le français, alors que moi, je devais batailler pour me faire comprendre, ce qui fait qu'au bout du compte, je parlais anglais et basta. Je détestais profondément me sentir ainsi. Mais après tout, que pouvais-je y changer ? Je n'avais jamais eu de cours, j'avais appris sur le coup avec des gens pas forcément très motivés par l'enseignement. Pourtant, je n'aurais demandé que ça, de savoir m'exprimer correctement. Lorsque j'étais petite, ma mère avait fait en sorte que j'apprenne l'espagnol. Étant Mexicaine, il était normal qu'elle veuille que je sache m'exprimer dans sa langue natale. Ainsi, lorsque nous recevions ma grand-maman, je n'avais besoin de personne pour discuter avec elle, ou pour écouter les nombreuses histoires qu'elle me racontait sur ma mère, lorsqu'elle était petite, ou bien de vieilles légendes familiales. J'étais fière d'être à moitié billingue. Et aujourd'hui, je vis dans ce fichu centre français, et je parle comme une gamine de 5 ans. La preuve, je n'avais pas réussi à faire comprendre à Maïssan ce que je lui demandais. Je me doutais bien qu'elle n'était pas là depuis longtemps, étant donné que j'étais la première personne sur qui elle tombait, mais ce que je voulais savoir c'était ce à quoi elle venait d'assister. M'avait-elle vue en train de m'empifrer ? Où bien était-elle arrivée en cours de route ? Est-ce qu'elle savait ce que j'étais en train de faire ? Alors je me mis à chercher mes mots afin de parvenir à me faire comprendre. « Qu'est-ce que vous avez vu » semblait être une mauvaise idée, car cela sous entendait que je me sens coupable de quelque chose. Peut-être de simplement lui dire « non, je voulais dire, dans la cuisine, depuis quand vous êtes dans la cuisine » pourrait fonctionner ?

Alors que j'ouvrais la bouche pour lui poser ma question toute faite, elle se remit à parler. Aux vues de son discours, elle n'avait rien vu. J'étais à peu près tranquille puisqu'elle n'avait aucune preuve. Cependant, elle voulait savoir ce que je faisais ici. Je ne sais pas pourquoi, mais je me disais que de lui mentir ne servirait à rien, car elle se doutait parfaitement de ce qu'il venait de se passer ici. Après tout, il fallait être un peu distrait pour ne pas le remarquer. Une heure tardive, deux gâteaux presque entièrement décimés, une jeune fille au-dessus d'une poubelle éclairée par la lumière du frigo entre-ouvert. Mais si elle savait ce qu'il se passait, pourquoi me le demandait-elle ? Était-elle tellement stressée par sa première soirée qu'elle en oubliait les basiques ? Ou alors était-ce une tactique pour me faire parler ? La petite voix dans ma tête me dit de me méfier. Elle avait beau avoir l'air d'être gentille, je ne pouvais pas la voir comme une personne étant « de mon côté ». Je pense encore que mes parents m'ont trahie en me faisant enfermer ici et en repartant aux États-Unis à peine un mois après ma délivrance. Alors quelque soit la personne en face de moi, elle représentait une espèce d'autorité, et donc, elle était du côté de mes parents, et non du mien. Alors oui, ma petite voix avait raison, il fallait que je me méfie. Elle devait sûrement être en train d'essayer un de ses supers trucs qu'on apprend aux jeunes éducateurs afin de donner confiance aux jeunes.

M'adossant au frigo, j'en avais refermé la porte si doucement que je n'avais même pas entendu le bruit. La seule chose que j'entendais, c'était mon coeur qui battait fort, trop fort. J'étais à nouveau en train de m'énerver, et il fallait que je reste calme, que je réfléchisse. De toutes façons, elle avait mon nom. Il y avait un dossier avec tous les problèmes que je pouvais avoir, ou tout du moins, les officiels, car je doutais que ma mère ait osé parler de ses suspicions de drogue. Pourtant... enfin bref. Il fallait que je me concentre sur la situation. Maïssan n'avait qu'à chercher dans mon dossier, et elle saurait ce que j'avais fait ce soir. Il fallait donc que je réponde pour qu'elle n'aille pas fouiller dans mes papiers. Mais qu'est-ce que je pouvais répondre ? Je n'allais pas lui dire « ah oui, alors voilà, quand je ne me sens pas bien, j'engloutis tout ce qui me passe sous la main, et après, je me fais vomir. » Non. Il était hors de question que je dise ça. Il fallait que je réfléchisse, et vite, car Maïssan semblait attendre une réponse. La regardant, je clignai des yeux. J'étais déstabilisée. Ma petite voix me disait de simplement partir en courant, mais je ne pouvais pas faire cela, car elle me retrouverait de toutes façons, et elle serait sûrement obligée de me punir ou quelque chose du genre. Je fis donc taire la petite voix dans ma tête, tentant de démêler le flot de mes pensées si bruyantes à tel point que j'en fermai les yeux, tentant de faire le vide.

« J'avais faim. J'ai râté le dîner, alors je suis venue manger quelque chose. J'ai vu le gâteau, et je m'en suis pris une part. C'est tout. »

La petite voix dans ma tête se mit à rire. Ça y est, je venais de lui mentir, et elle allait sûrement s'en rendre compte, mais que pouvais-je faire d'autre ? Ma respiration se remit à accélérer un petit peu. Je me sentais mal de mentir comme ça mais j'étais désarçonnée par le fait qu'elle soit aussi gentille, mais qu'elle soit du camp « ennemi ». Et puis je n'avais plus envie de répondre à des questions, j'en avais marre qu'on m'en pose. Pourquoi ne me donnait-on pas simplement les réponses ?! Toutes les réponses dont je pouvais avoir besoin ?! Fuyant son regard, par peur d'y lire une déception parce que j'étais sûre qu'elle savait que je mentais, je me mis à fixer la poignée du tiroir à côté de moi. Une nouvelle guerre faisait rage dans ma tête, des rires, des pleurs mélangés, et une question qui revenait tout le temps à la surface :

« Pourquoi vous me demandez tout le temps si je veux vous dire ça ou ça ? »


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Maïssan Al Samari
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Lun 19 Oct - 11:50

Effectivement, Maïssan n'avait de toute évidence pas très bien compris la question de l'adolescente, mais elle ne s'en rendit pas compte. Ce mal entendu ne venait pas forcément de Daniela, puisque Maïssan non plus n'était pas française. Alors bien qu'elle n'ait pas un accent bien prononcé, il lui arrivait, encore aujourd'hui, de ne pas comprendre, ou de mal comprendre, certains mots français. Mais pour le coup, une personne née en France aurait, elle aussi, pu mal comprendre cette question. Après tout, rien n'indiquait que Daniela parlait de cet instant là, mais rien n'indiquait non plus qu'elle ne parlait pas de cet instant. De toute façon, Maïssan avait déjà répondu, de toute évidence, à côté de la plaque, mais elle avait répondu. Et puis si Dani ne lui reposait pas la même question en précisant sa pensée, alors Maïssan ne pouvait deviner ce qui la tracassait. Elle n'était qu'une éducatrice, rien de plus, et n'avait donc aucun pouvoir de devin.

Mais lorsque Daniela ouvrit la bouche, sans doute pour parler, Maïssan était déjà lancée et la voilà qui posait une nouvelle question. Oups. Si elle avait su plus tôt que l'adolescente aurait aimé parler, alors elle n'aurait rien dit. Maïssan n'avait aucunement l'intention de lui couper la parole ou de l'empêcher de parler, loin de là, bien au contraire. Son but était en effet de la faire parler afin qu'elle se sente en confiance. Parler aidait à guérir, et si Daniela était en confiance, alors elle confierait certainement des choses à l'éducatrice.
Cependant, il ne fallait pas tout mélanger. Non, Maïssan n'était pas du côté de Daniela, mais elle n'était pas du côté de ses parents non plus. D'ailleurs, elle ne les connaissait pas et ne les avais jamais vu, alors comment aurait-elle pu être de leur côté ? Maïssan n'était pas non plus dans le camp ennemi. A vrai dire, elle était neutre, et son seul but était que Dani aille mieux, beaucoup mieux, et qu'elle puisse enfin retrouver une vie presque normale si toutefois la normalité existait réellement.

A sa question, Daniela sembla s'énerver, ou du moins, s'angoisser à nouveau. Ohlala. Etait-ce trop tôt ? Après tout, si l'adolescente ne voulait pas répondre, rien ne l'en empêchait. Maïssan ne l'y forcerait pas. Elle irait simplement jeter un oeil dans ce fameux dossier, quoiqu'il arrive, mais espérait que Daniela ne lui mente pas.
Et pourtant... La réponse de la jeune fille ne convaint pas à Maïssan qui savait pertinemment que l'adolescente avait fait une crise de boulimie sans doute, même si l'éducatrice n'était pas là depuis suffisamment bien longtemps pour avoir pu assister à la scène.
Dani lui avait donc menti, et d'ailleurs, elle s'était trahie elle-même puisque son regard se mit à fuir celui de Maïssan. Si l'adolescente avait dit la vérité, alors elle aurait osé regarder l'éducatrice droit dans les yeux. Du moins, c'est ce dont Maïssan était persuadée, et souvent, à ce sujet en tout cas, elle avait raison.
Tant pis. Daniela lui avait menti, et alors ? Elle ne serait pas punie pour autant. Maïssan aussi avait déjà menti étant plus jeune, et elle savait que c'était une réaction normale quand on savait que l'on avait quelque chose à se reprocher. L'adolescente se sentait peut-être coupable, ou elle avait peut-être honte, etc. En tout cas, elle n'avait aussi sûrement pas encore assez confiance avec Maïssan pour pouvoir lui avouer la vérité. Bien. L'éducatrice attendrait, ce sera pour une autre fois. Cependant, elle ne pouvait la laisser maintenant seule dans la cuisine. On ne savait jamais. Maïssan resterait donc là, tant que Dani ne se déciderait pas à remonter dans sa chambre.
Donc oui, Maïssan savait que Daniela venait de lui mentire, mais elle ne lui en voulait pas, pas le moins du monde.

C'est ensuite que l'adolescente reprit la parole, posant une question. Maïssan afficha un léger sourire en entendant les mots de la jeune fille. Pourquoi lui demandait-elle si elle voulait bien dire certaines choses ? Et bien parce qu'elle n'avait aucunement l'intention de la forcer à avouer quelque chose. Ca n'était pas son but, loin de là. Qui était-elle, après tout, pour forcer l'adolescente à avouer certaines choses ? Rien. Elle n'était pas de la police, ni rien d'ailleurs.

"Et bien parce que tu es en droit de refuser de me dire certaines choses. Je ne suis personne de bien particulier pour te forcer à avouer. Je ne suis personne, et tu n'as donc pas à avoir peur ou autre à mon sujet. Non. Et je préfère d'ailleurs le préciser, pour ne pas que tu te sentes obliger. Ma question est une question comme une autre, et si tu n'as pas envie d'y répondre, alors ne le fais pas. C'est pour ça que je préfère le préciser. Et je préfère d'ailleurs que tu ne dises rien, plutôt que tu me dises des mensonges."

Elle avait dit tout cela bien sûr d'une voix douce, et avait terminé sa réponse par le mot mensonge. Juste histoire de montrer qu'elle n'avait pas cru à la réponse précédente de Daniela, mais qu'elle ne lui en voulait pas.
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Daniela Davis
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Ven 30 Oct - 20:03

J'avais raison, la petite voix dans ma tête avait raison. À aucun moment Maïssan n'avait gobé ma pitoyable excuse de fringale nocturne. Encore une fois, j'étais dégoûtée par moi-même. Je sentis ce que je venais de manger qui remontait péniblement, me rappelant ce que je venais de faire et que je n'avais pas achevé. Baissant la tête, j'écoutai Maïssan m'expliquer qu'elle préférait que je ne réponde pas à ses questions plutôt que de lui mentir. Elle savait que j'avais déformé la vérité et elle me le faisait savoir. Elle se sentait stupide à présent, elle n'aurait pas dû tenter de mentir. Elle aurait mieux fait de faire ce qu'elle maitrise si bien : se taire. « Tu n'es qu'une idiote Dani, une pauvre petite idiote qui ne sait rien faire de ses dix doigts. Mais qu'est-ce que tu vas devenir ? Non mais franchement ? Tu t'es vue ? Tu es pitoyable. Tu ne sers à rien. Tu n'es qu'une sale gosse qui a eu une enfance bien trop gâtée. Et là, tu payes pour ton cher papa. Il a commis des erreurs, tu payes. C'est aussi simple que ça. Ton malheur, tu le mérites. Aller, arrête de pleurnicher, sinon, je te fais taire à ma façon. » Cette fois, ce n'était pas ma propre voix qui résonnait dans ma tête, mais celle d'un de mes assaillants. Je l'entendais clairement, comme s'il était là, dans la pièce, avec nous. Par précaution, je regardai un peu autour de moi, pour vérifier que j'hallucinais. Puis je reportai mon regard sur Maïssan.

« Je ne veux pas parler. »

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne parvenais pas à parler plus fort. Ma voix était éteinte, chuchotante. Je tentais de respirer plus doucement, mais je n'y pouvais rien, plus je tentais de combattre mon anxiété montante, plus mal j'allais. Je ne comprenais pas d'où venait ce mal-être soudain. Il y a quelques secondes, je me sentais stupide, okay, mais ce n'était pas au point d'en avoir des sueurs froides. Je posai mes mains sur le bord de l'évier qui se trouvait dans mon dos, m'adossant pour mieux tenir debout. Respirant de plus en plus vite, je regardais Maïssan la tête remplie d'une multitude de voix. J'entendais la mienne, celle qui me répétait de tenir bon, j'entendais celle de ma mère, souvenirs lointains d'une époque heureuse. Elle me chantait une chanson je crois. Puis se fut au tour d'Aaron, mon frère. Malheureusement, sa voix était couverte par celles de ceux qui m'avaient retenue en otage pendant si longtemps. Je les entendais de plus en plus clairement, au fur et à mesure que celles de mes proches s'effaçaient. Mon coeur battait à tout rompre à présent. C'est à ce moment-là que je compris ce qu'il m'arrivait. Je relevai mes yeux vers Maïssan, je ne sais combien de temps s'était écoulé, combien de temps j'étais restée silencieuse, mais elle était encore là.

« Vous feriez mieux de sortir... » Je resserrai mes doigts autour de l'évier, faisant toujours face à Maïssan. « Sortez !!! »

Je l'avais prévenue. Ne pouvant plus tenir, je me baissai vers la poubelle que je tenais dans mes mains quelques minutes auparavent, en relevant mes cheveux d'une main, et tenant la poubelle de l'autre. Et voilà, j'étais malade. En plus de me sentir stupide parce que j'avais menti, et parce que j'avais été attrappée en mauvaise posture, je m'étais rendue malade. J'étais réellement stupide. Mais au fur et à mesure que les secondes avançaient, je me sentais mieux. C'était ma thérapie à moi qui fonctionnait encore une fois. Pendant un tout petit moment, j'oubliais où j'étais, j'oubliais que ma vie avait toujours été décidée par les autres et non pas par moi. Et ça, c'était la seule chose de ma vie sur laquelle j'avais un contrôle. Mon sommeil était entâché de cauchemars. Mes journées, je les passais à surveiller mes arrières, de peur qu'on m'emmène à nouveau et que je revive les mêmes épreuves, j'évitais les contacts avec les hommes, mais je faisais ce qu'on me disais de faire : aller en cours, ne pas faire d'efforts physiques à cause de mon asthme, ne pas déranger les autres. Il n'y avait pas une seconde ou je pouvais décider de ce que je voulais réellement, car ce que je désirais le plus au monde, c'est-à-dire retourner dans le ranch où j'avais grandi, on me l'avait refusé et on m'avait envoyée ici, dans ce que je voyais comme une nouvelle prison. Alors oui, je me sentais un peu mieux.

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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Sam 31 Oct - 17:13

Non, Maïssan n'avait jamais demandé à Dani de se taire. Jamais elle n'aurait osé, et puis de toute façon, son premier but n'était pas de la faire taire mais bien de la faire parler, parler en disant la vérité bien entendu afin qu'elle puisse, au bout d'un certain temps, se délivrer et se sentir mieux.
Car même si Daniela ne s'en rendait sans doute pas compte maintenant, parler faisait du bien. Mais il lui faudrait sûrement du temps, beaucoup de temps peut-être, même si elle finirait par s'en sortir. En tout cas, Maïssan ferait tout son possible pour aider cette jeune fille à s'en sortir.

Cette fois, une nouvelle fois d'ailleurs, Dani sembla ailleurs, perdue dans ses pensées. A quoi pouvait-elle bien penser ? Ca n'avait pas l'air d'être bien joyeux en tout cas, et l'éducatrice eut de la peine pour cette adolescente. Car Maïssan n'aimait pas voir les gens souffrir. A ce moment précis, la jeune femme aurait tout donné pour savoir à quoi pouvait bien penser son interlocutrice. En vain... Daniela semblait un peu perdue étrangement. En tout cas, elle regarda autour d'elle, comme pour se repérer, ou peut-être se rassurer, juste histoire de constater qu'elle était bien là où elle était.

"Bien. D'accord. Je ne t'oblige en rien tu sais."

Non, Maïssan ne l'obligerait jamais à parler, même s'il était préférable pour Daniela de faire le contraire. Mais bon... L'éducatrice ne la forcerait jamais à faire quelque chose contre son gré. Elle n'avait aucune envie de se la mettre à dos. Et puis seul le temps pourrait suffisamment la mettre en confiance et l'aider à parler de ses problèmes. Alors Maïssan laisserait faire le temps.

C'est ensuite que l'adolescente sembla de nouveau ailleurs, perdue dans des pensées qui la rendaient sans doute malheureuse. Elle n'avait pas l'air bien. Maïssan hésita, mais décida finalement de rester là où elle était. Elle n'avait pas envie de brusquer la jeune fille. Cependant, si elle se mettait en danger, alors l'éducatrice serait contrainte de l'en empêcher. Aussi restait-elle sur ses gardes, prête à tout. On ne savait jamais, Daniela n'avait pas l'air très stable après tout. En tout cas, c'est ce que pensait la jeune syrienne.

Vous feriez mieux de sortir. C'est ce que lui conseilla l'adolescente. Ah, ça, hors de question. Bien sûr, il aurait sans doute été plus facile, à la fois pour Daniela mais aussi pour Maïssan, que cette dernière s'en aille, fuyant le problème, ou plutôt, faisant semblant de ne rien avoir vu ni rien compris ce soir. Mais elle ne le ferait pas, tout simplement parce que ça n'était pas dans l'intérêt de l'adolescente.
Maïssan ne bougea donc pas, fronçant un peu les sourcils alors qu'elle se demandait ce qu'allait faire l'adolescente. Sur ses gardes, elle constata alors que Daniela se mettait maintenant à vomir.
Maïssan le savait, Daniela aurait sans doute l'impression de se sentir mieux après. Oui, mais ça n'était qu'une impression.
Maïssan ne pouvait se précipiter vers l'adolescente en ce moment même. Mais elle n'hésiterait pas à le faire lorsqu'elle aurait fini de vomir, tout simplement pour l'éviter de recommencer peut-être, si sa crise n'était pas fini. On ne savait jamais après tout.

Quant au centre, beaucoup de jeunes le considérait comme une prison, sans doute parce que la plupart n'avait pas réellement choisi de s'y rendre. Mais ils avaient tort, et souvent, ils ne s'en rendaient compte que bien plus tard. Le centre n'était pas un prison, ni un hôpital, ni un refuge où l'on pouvait se débarraser de certaines personnes, non. C'était un lieu qui s'efforçait de se rendre paisible et agréable malgré ses défauts, un lieu où les personnes qui y travaillaient faisaient tout ce qui leur était possible pour venir en aide à des jeunes perdus, ou à des jeunes qui ne savaient plus comment trouver une belle vie après un drame, comme Dani sans doute.

"J'approche".

Ca y est, Maïssan était bien décidé. Elle avait prononcé ces mots tout doucement, pour ne pas effrayer la jeune adolescente. Puis sans s'arrêter, elle s'était approchée de Daniela, se tenant à quelques centimères d'elle désormais.

"Je ne te veux aucun mal. Ecoute, est-ce que tu voudrais bien me parler ? Ou au moins me suivre à l'infirmerie, juste histoire de s'assurer que tout va bien ?"
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Daniela Davis
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Lun 2 Nov - 21:46

La seule fois où je ne voulais pas me mettre à rendre ce que j'avais mangé, et bien voilà que cela arrivait malgré moi. J'avais tenté de convaincre Maïssan de sortir afin qu'elle n'assiste pas à cela, mais elle était restée là, imperturbable. Je n'en revenais pas. Jamais personne n'était resté. Mais il faut dire que jusqu'à présent, lorsque j'avais mes crises, je m'enfermais dans la salle de bain, et tout le monde faisait semblant de ne rien entendre, et de ne rien savoir. Cela était beaucoup plus facile pour tout le monde, et nous avions tous ce que nous désirions. Mais là, l'éducatrice ne semblait pas prête à déguerpir, malgré ce à quoi elle assistait. Je tentais de contrôler un peu ce qui était en train de se passer, mais je n'y arrivais pas, et c'était même pire après. J'avais mal au ventre. Mais petit à petit, le calme revint, et je réussis à me retenir, puis à m'asseoir contre l'armoire, tenant toujours la poubelle dans une main. Fouillant dans ma poche, je trouve un mouchoir en papier que j'avais enlevé du paquet dans l'après-midi, mais que j'avais eu la flemme de ranger. J'entendis alors la voix de Maïssan, que j'avais presque oubliée. Elle m'avertissait qu'elle allait approcher. Je levai mes yeux vers elle, l'observant alors qu'elle s'avançait vers moi, avant de s'arrêter tout près de moi. Qu'est-ce qu'elle me voulait ?! Pourquoi s'approchait-elle de moi alors que je lui avais dit de partir ?!

Au lieu de me lever et de partir en courant, je préférai rester assise et attendre de voir ce qu'elle me voulait. J'avais déjà vécu le pire, et il parait que cette prison est faite pour nous donner une deuxième chance dans la vie. Donc, en principe, les gens ici ne sont pas des fous furieux qui vous sautent dessus à la première occasion. Il fallait bien que je tente de faire un minimum confiance. Il fallait pourtant que j'admette que si Maïssan avait été un homme, jamais je ne l'aurais laissée s'approcher aussi près. Je serais probablement partie dès que je l'aurais vu. Le fait qu'elle soit une femme m'aidait à lutter contre mon habitude à fuir. Je la laissai donc se mettre près de moi. Elle me dit de suite qu'elle ne me voulait aucun mal. Pourquoi était-il aussi facile de la croire ? Je ne le savais pas, mais en tout cas, je la croyais. La fixant toujours, je la laissai continuer de parler. Elle voulait m'emmener à l'infirmerie. Je me raidis à cette pensée.

« NON ! Pas l'infirmerie, s'il vous plait. Je vais bien, c'est... normal. Je vais bien. »

Malgré moi, j'avais agrippé sa main, un peu comme le jour ou j'avais retrouvé ma famille, alors que j'étais encore dans ma chambre d'hôpital, les suppliant de m'emmener loin de là. Ils avaient fait tellement de bruit pour pouvoir me voir alors que je discutais avec l'inspecteur que je m'étais levée en arrachant tous les fils auquels j'étais reliée, et je m'étais précipitée dans le couloir, sautant dans les bras d'Aaron et tenant la main de ma mère fort, très fort, à tel point que mes ongles s'étaient incrustés dans sa peau. Heureusement pour Maïssan, je ne serrais pas aussi fort, et je la lachai aussitôt, rougissant instantanément.

« Désolée, je ne voulais pas... mais, je vais bien. C'était rien ça. J'ai... l'habitude. Et puis de quoi vous voulez que je parle ? J'ai rien à dire. Je vois pas ce que vous voulez. »

C'est vrai ça, que voulait-elle que je lui raconte ? Ma belle vie jusqu'au jour ou tout à basculé ? Il y a certaines choses que jamais je ne pourrais raconter, jamais. Des choses que personne ne devait savoir. Je m'en assurerais. Autant pour la boulimie et les drogues, je m'en fichais qu'on le découvre, enfin non, quand même pas, mais je préférais qu'on me questionne sur cela, et qu'on tente de me guérir de ça plutôt qu'on me questionne sur autre chose. Et puis comment guérir une fille qui ne veut pas guérir ? Au jour d'aujourd'hui, les seules choses qui me soulageaient était la drogue et mes crises de boulimie. J'avais remarqué que lorsque j'étais stone, ou après une de mes crises, j'étais plus calme, et je piquais moins de colères... ses colères qui faisaient si peur à ma mère car je cassais tout sur mon passage, et je finissais en crise d'asthme, effondrée dans les bras de mon frère. Quand on m'en empêchait, je pouvais passer ma journée à osciller entre le calme et la tempête. Jetant mon mouchoir au fond de la poubelle, je l'éloignai du bout du pied, la faisant glisser le plus loin possible. Je ne me relevai pas, de peur que Maïssan ne me traine jusqu'à l'infirmerie.

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Maïssan Al Samari
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Mar 3 Nov - 13:17

Bien sûr que Maïssan était encore là. Pourquoi serait-elle partie ? Elle n'avait pas l'intention de fuir à la première difficulté, si toutefois on pouvait considérer cela comme une réelle difficulté. En tout cas, si s'en était une, alors elle n'était pas insurmontable, et l'éducatrice avait bien l'intention de l'aider. Il était hors de question que Maïssan fasse semblant de ne rien voir, ça n'était pas son genre.
Heureusement, le calme revint plus ou moins, et c'est alors que, après avoir averti bien sûr, l'éducatrice s'approcha de l'adolescente. Heureusement, celle-ci resta sur place malgré tout. Maïssan fut rassurée. Elle avait réussi à s'approcher de Daniela, sans la faire fuir. Peut-être que quelque part, vraiment au fond d'elle-même, alors Dani savait qu'elle pouvait faire confiance en cette éducatrice.

Quant à la peur des hommes qu'avait Daniela, elle partirait sans doute... avec le temps, et avec beaucoup de travail avec les personnes du centre qui étaient là pour lui venir en aide, et aussi pour lui montrer que la vie pouvait être autrement. Bien sûr, inutile de mentir, l'adolescente ne pourrait sans doute jamais trouver une vie "normale", en tout cas, jamais elle pourrait trouver une vie qui se déroulerait comme si jamais rien ne s'était passé, car tel n'était pas le cas. cependant, elle pourrait trouver une vie meilleure, et apprendre à vivre avec ce qui lui était arrivé, même si elle ne s'en rendait sans doute pas compte aujourd'hui. Cependant, avec un peu de volonté de sa part tout de même, elle découvrirait, un jour, que cela pouvait changer.

Mais en parlant d'infirmerie, Maïssan constata que Daniela n'avait aucune envie de se rendre à l'infirmerie. Ohlala ! Que devait-elle faire ? L'éducatrice hésita. Finalement, elle décida de ne pas l'y envoyer. Après tout, elle n'était pas en danger réel ici, maintenant. Elle n'avait pas été blessé ou quoique ce soit. Maïssan hocha la tête, montrant qu'elle avait compris, et qu'elle l'écouterait surtout.
Et puis lorsque Dani agripa sa main, Maïssan fut prise d'une terrible émotion, et durant un instant, il lui sembla comprendre la douleur que vivait cette fille, et elle en fut très triste, même si bien sûr, il était évident, et elle en était bien consciente, qu'elle ne pouvait pas réellement comprendre ce que ressentait la jeune adolescente puisqu'elle ne s'était pas encore confiée, et surtout parce que jamais Maïssan n'avait enduré ce qu'avait vécu l'adolescente.
Puis l'éducatrice crut comprendre la gêne qu'avait ensuite éprouvé l'adolescente qui rougissait désormais alors qu'elle lâcha aussitôt cette main.

"Très bien".

Répondit alors Maïssan calmement, pour ne pas effrayer l'adolescente qui commençait sans doute à lui faire confiance.

"Si tu ne veux pas y aller, alors je ne t'emmènerai pas de force."


Après tout, Daniela n'était pas en danger de mort. Maïssan reprit ensuite doucement la main de Dani, montrant qu'il n'y avait aucune gêne à avoir quant à ce geste. Et puis aussi surtout, l'éducatrice tenait désormais la main de l'adolescente afin de lui prouver qu'elle était bien là, avec elle, et qu'elle la soutiendrait aussi longtemps que Dani en aurait besoin. Ca n'était pas que des paroles en l'air, Maïssan était sincère.

"J'espère qu'un jour, tu auras quelques chose à dire, et tu verras que tu arriveras à retrouver confiance en quelqu'un. Et peut-être que comme ça, tu arriveras à sortir, avec des mots ou n'importe quoi d'autre, ce qui te fait autant souffrir".


Car Maïssan ne connaissait pas le passé de cette adolescente, et bien qu'elle crut comprendre que la boulimie en était peut-être la cause, elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait été ammenée ici puisque l'éducatrice n'avait pas encore lu le dossier de la jeune adolescente. Mais Maïssan savait aussi pertinemment que la boulimie ne venait pas toute seule, et que quelque chose de plus profond, et de très douloureu, touchait la jeune fille. Bien sûr, elle pouvait se tromper, Maïssan n'avait pas la science infuse après tout. Mais elle était persuadée que non...
Désormais, elle regardait l'adolescente sans la quitter des yeux, calmement. Elle attendait. Attendre quoi ? Maïssan elle-même n'en savait rien. Peut-être qu'elle attendait de voir que pour cette nuit au moins, Daniela se calmerait. L'éducatrice attendait aussi de voir que Daniela irait se coucher lorsqu'elle le serait prête, et elle ne la lacherait pas avant d'en être sûre.
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Daniela Davis
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MessageSujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan]   Mer 4 Nov - 21:37

Pourquoi je ne m'étais pas enfuie lorsque Maïssan s'était approchée ? Je n'en savais rien. Mais à présent, je me disais que j'avais peut-être fait le bon choix. En tout cas, j'en avais l'impression. Elle me dit qu'elle ne m'emmênerait pas à l'infirmerie, ce qui me surprit mais me ravi. Un maigre sourire se dessina sur mes lèvres. Elle me faisait confiance d'une certaine manière. Elle pensait que j'étais assez au courant de ce qu'il se passait dans mon corps pour ne pas me forcer à aller chez le médecin. Elle savait que si réellement je ne m'étais pas sentie bien, j'aurais accepté, en bronchant bien entendu, mais j'y serais allée, rien que pour être rassurée. Mais là, il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. Je respirais un peu vite, mais rien d'alarmant, mon coeur battait un peu vite, mais c'était dû à l'effort que je venais de fournir. Pour le reste, la seule chose que j'avais à craindre, c'étaient les maux de ventre, et même comme ça, je les avais cherchés. De plus, ce n'était rien de mortel. J'avais certes peur des médecins, un peu comme tout le monde, mais j'étais plutôt raisonnables en temps normal.

Et puis Maïssan prit ma main. Je fus tellement surprise que j'eus un léger mouvement de recul, cherchant à libérer ma main de l'emprise de la sienne. Cependant, je ne le fis pas. Bien que je sois surprise par ce geste, je ne sais pourquoi, je ne pus me résoudre à retirer ma main de la sienne. Levant mes yeux qui devaient avoir l'air encore surpris vers elle, je l'écoutai alors qu'elle me disait qu'un jour, j'aurais envie de parler de ce qu'il m'était arrivé, de ce qui me faisait souffrir. Ou que peut-être, je ne parlerai pas, mais je m'exprimerai autrement. Jusqu'alors, c'était elle qui tenait ma main, je m'étais contentée de ne pas l'enlever, mais en entendant ses mots, je ne sais pas pourquoi, instinctivement, mes doigts s'étaient refermés autour de sa main. Pourquoi me disait-elle cela ? Comme si ce que j'avais à dire pouvait intéresser qui que se soit.

« Mais je ne veux pas en parler. Je veux oublier. Juste oublier. »

C'était pour cela que les derniers mois de ma captivité, lorsque le petit blond venait me rendre visite avec sa seringue et ses produits, je ne me batais plus. Je savais que cela me ferait oublier momentanément mes soucis. Et lorsque j'étais revenue chez mes parents, j'avais continué. À présent, je savais où aller, à qui m'adresser. Enfin, plus depuis mon arrivée au centre, mais pendant le mois ou j'avais vécu avec mes parents, j'avais sû comment faire. Baissant mes yeux sur ma main qui était tenue par celle de Maïssan, sentant son regard sur moi, la pensée qu'elle puisse découvrire quel genre de fille j'étais me perturba. Un jour, elle allait tout savoir et c'était sûr, elle allait être déçue. Encore une question qui se posait à moi, sans que je ne le sache la réponse : pourquoi cela m'attristait-il qu'elle puisse être déçue par moi ? C'était peut être dû à l'heure tardive, ou au fait qu'elle avait été sympa avec moi. Mais après tout, je ne la connaissais que depuis un tout petit moment, alors son avis ne devrait pas autant m'importer. Et pourtant, c'était le cas.

« Personne ne doit savoir ce qu'il s'est passé là-bas... personne. »

Je pensais entre autres à mon père. Bien sûr, j'avais été particulièrement dûre avec lui à mon retour, mais malgré moi, je ne parvenais pas encore à lui pardonner. Si j'avais été enlevée, c'était à cause de lui. Mais il restait mon père, et le voir souffrir me faisait mal. Même si je n'arrivais pas à être face à lui, l'idée qu'il puisse un jour découvrir ce que j'avais enduré à cause de lui me tourmentait. Et si je me mettais à parler ici, ils le lui diraient, et ça, il en était hors de question. Jamais il ne devait savoir. Ni lui, ni Aaron, ni ma mère. Jamais.

« Et qui vous dit que quelque chose me fait souffrir ? »

Me rendant compte que je m'apprêtai à mentir une nouvelle fois, je relevai brusquement la tête, faisant passer mon regard de ma main au visage de Maïssan.

« Non... j'ai rien dit. Vous fâchez pas s'il vous plait. Je... euh... merci de ne pas m'emmener à l'infirmerie. »

C'était la seule chose que j'avais trouvé pour ne pas revenir sur le sujet.

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Crise passagère ?! [Pv Maïssan]

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