
Vivre...Le Centre de la deuxième chance! |
| | | Crise passagère ?! [Pv Maïssan] | |
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| Auteur | Message |
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Maïssan Al Samari Educateur

Nombre de messages: 166
Fiche de personnage Raisons de votre présence: éducatrice Points de bonne conduite:
   (100/2000) Psy/référent:
 | Sujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan] Ven 6 Nov - 19:34 | |
| Effectivement, Maïssan faisait confiance en Daniela. L'éducatrice pensait qu'il était important de ne pas toujours décider seul, ce qui était soit-disant bon pour les adolescents. Car les adolescents avaient le droit de choisir eux-mêmes ce qu'ils voulaient, et ils étaient tout de même assez grand pour décider, comme Dani en ce moment, s'ils avaient besoin d'aller à l'infirmerie ou non. Et puis cela les responsabilisait aussi plus ou moins. Bref... Lorsque l'éducatrice prit la main de son interlocutrice, elle remarqua que Daniela hésita à enlever sa main. Sans doute par peur... Ou peut-être qu'elle n'était pas habituée ? Maïssan ne savait pas vraiment trop la raison de ce recul, mais elle la comprenait. Il était souvent difficile de faire confiance comme ça à n'importe qui, d'autant plus que Maïssan n'avait rencontré l'adolescente que quelques minutes auparavant. Et puis la confiance se méritait selon l'éducatrice, et selon Daniela de toute évidence. Mais à la grande surprise de la jeune femme, Dani n'enleva pas sa main. Peut-être qu'après tout, Maïssan ne s'était pas très mal débrouillée, et qu'elle avait un peu réussi à se faire accepter de la jeune fille. Tant mieux. Maïssan appréciait Daniela malgré les circonstances dans lesquelles elles s'étaient rencotnrées. Et puis elle avait vraiment envie de l'aider. Dani voulait oublier. Oublier... Tout le monde en avait envie. Maïssan aussi avait souvent tenté d'oublier ce fameux jour où elle avait assisté à l'assassinat de son père, en vain. Et puis oublier ne marchait pas, car toujours tout pouvait resurgir à tout moment, Maïssan en avait fait l'expérience, et puis c'était une chose connue, une chose qui n'était pas fausse, bien au contraire, malheureusement. Alors non, Daniela ne pourrait pas oublier, Maïssan le savait, même si elle ne savait, en revanche, pas ce qu'elle tentait d'oublier. L'éducatrice fit une grimace. Mais ne répondit pas de suite. Daniela avait commencé à parler, et peut-être qu'elle continuerait. Quant à savoir, bien sûr que Maïssan saurait tout un jour, mais elle le saurait que lorsque Dani voudrait bien le lui raconter sans doute. Et non, elle ne serait pas déçue, quoiqu'ait pu faire l'adolescente. Elle ne serait pas déçue, parce qu'il en fallait vraiment beaucoup à Maïssan pour l'être, mais aussi parce qu'elle n'était pas là pour juger ou pour se décevoir de quoique ce soit. Et puis l'éducatrice pouvait tout à fait comprendre que l'on ait envie de se piquer afin d'échapper à son passé durant quelques instants de bonheur, ou tout simplement pour s'évader dans un autre monde meilleur. Car le monde d'aujourd'hui n'était pas beau quoiqu'on veuille en penser, et Maïssan en était, hélas, pleinement consciente. Elle aussi avait voulu s'évader durant sa jeunesse, mais elle ne l'avait pas fait. Non pas qu'elle n'en avait jamais eu l'occasion, mais juste parce qu'elle avait trouvé un autre moyen pour s'évader : la musique (elle jouait d'ailleurs le "oud", un instrument arabe, à merveille), mais aussi la pratique. Disons qu'elle était pleinement dans tout ce qu'elle faisait. Peu importe... Maïssan ne saurait donc pas déçue, sans aucun doute, quoiqu'ait pu faire Daniela. Personne ne devait savoir ? Soit, personne ne saurait, mais c'était dommage. Dommage pour Daniela, et c'était bien plus grande d'ailleurs. Car Dani aurait sans doute besoin, un jour et même si elle ne s'en rendait pas encore compte, de se confier à quelqu'un, une personne en qui elle avait confiance. Quant aux personnes de ce centre, pourquoi s'amuseraient-elles à répéter ce qu'elles entendraient au père de Dani, ou à tout autre personne d'ailleurs ? Non. Personne ne faisait cela ici, tout simplement parce que ça n'était pas l'intérêt de Daniela ou même du confidant, mais aussi et surtout parce que le secret professionnel était de mise ici. En entendant l'avant dernière phrase de Dani, Maïssan fit une petite grimace. Mais voyant que la jeune fille s'était aussitôt arrêtée, sans doute parce qu'elle comprenait que mentir ne servirait à rien, l'éducatrice effaça cette fameuse grimace de son visage, bien vite. Au moins, et implicitement, Daniela admit que quelque chose la faisait souffrir, puisqu'elle ne continua pas de mentir, avouant ainsi par son silence, qu'elle souffrait réellement. Maïssan serra alors sa main un peu plus sans y aller fort pour autant, afin de montrer qu'elle était toujours là. Elle ne la lâcherait pas de si tôt, pas tant que Daniela ne le voudrait pas. Et puis elle l'aiderait jusqu'au bout, et même si elle n'était pas du tout au courant de ce qui était arrivé à l'adolescente, l'éducatrice compatissait. "Mais de rien. Pour l'infirmerie je veux dire. Y a pas de raison que tu doives me remercier. Si tu estimes ne pas devoir y aller, alors je te crois, je te fais confiance."Elle garda ensuite un petit moment de silence, avant de reprendre, d'une voix douce et calme. "Jamais je ne me fâcherai, tu entend ? Et puis il m'en faut beaucoup à moi pour m'énerver".Elle afficha un léger sourire sincère, mais pas trop grand non plus. "Si tu veux que personne ne sache ce qui t'es arrivé, alors personne ne le saura. Mais sache qu'un jour, tu auras besoin de te confier. Rester dans le silence n'est pas une solution, et jamais tu ne pourras oublier. Je ne sais pas ce qui t'es arrivé, mais oublier n'est pas une solution. Car ce que tu essayes d'effacer resurgira un jour où l'autre obligatoirement, que tu le veuilles ou non... Je parle par expérience, crois-moi. Mais sache que, si jamais tu décidais de te confier à quelqu'un, alors rien ne sortira de sa bouche. Ce que je veux dire c'est que les personnes de ce centre n'ont aucun intérêt, ni pour elles, ni pour toi, à aller répéter à tort et à travers, ce que tu confieras. Il y a aussi un secret professionnel tu sais. Bref... Donc sache que tu peux te confier aux personnes d'ici si tu en éprouves le besoin..."Elle afficha à nouveau un petit sourire, comme pour tenter de réconforter la jeune fille. |
|  | | Daniela Davis Ado en difficulté

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Fiche de personnage Raisons de votre présence: Droguée, renfermée & boulimique Points de bonne conduite:
   (100/2000) Psy/référent: /
 | Sujet: Re: Crise passagère ?! [Pv Maïssan] Sam 14 Nov - 16:07 | |
| Depuis ma libération, mes parents avaient eu tendance à gérer les moindres détails de ma vie, que se soit l'heure à laquelle je mangeais, celle à laquelle je me couchais, et les programmes télé que je pouvais regarder. Ils estimaient que de me mettre devant un film parlant de kidnapping allait être néfaste pour moi, donc je n'avais basiquement le choix qu'entre deux chaines : celle qui passe des dessins-animés ou des séries pour pré-adolescentes toute la journée, ou celle qui diffuse des clips musicaux. J'avais passé 20 minutes d'affilée sur cette deuxième chaine à laquelle j'avais droit, et j'avais été consternée de voir des hommes parlant de "gun" entournés de jolies filles à moitiés nues. C'était sensé être meilleur pour moi ? Je n'en étais pas sûre. Alors j'avais zappé sur la chaine pour enfants, et je m'étais endormie d'ennui. Et voilà comment j'avais vécu se dernier mois. La preuve ultime du fait qu'ils contrôlaient absolument tout dans ma vie est que je n'avais même pas été consultée lors de la décision de m'envoyer ici. Non. Mon père et ma mère en avaient discuté entre eux, et ils avaient décidé tous seuls. Si on m'avait demandé mon avis, j'aurais dit que le mieux pour moi était de retourner au ranch, de reprendre ma vie et de recommencer à prendre des décisions par moi-même. Pendant deux ans, des hommes inconnus l'avaient fait à ma place, pendant un mois, c'étaient mes parents. J'avais même peur de ne plus savoir gérer ma vie toute seule à présent, tellement on ne me laissait rien faire. Mais là, Maïssan m'avait laissé le choix, chose qui ne m'était pas arrivée depuis très longtemps, et le mieux, c'est qu'elle s'était fiée à ma décision sans la contester.
C'était quelque chose d'important pour moi, et même si l'idée d'être à nouveau la seule responsable de moi-même me faisait un peu peur, j'étais contente qu'on me laisse le faire. Parfois, j'avais l'impression d'apprendre à me connaître. Je me surprenais moi-même. Comme lorsque Maïssan avait pris ma main et que malgré moi, je ne l'avais pas repoussée. C'est quelque chose qui visiblement l'avait surprise elle, mais elle ne savait pas que moi-même je l'étais. Je ne me comprenais pas moi-même, et cette fichue voix à l'intérieur de ma tête ne cessait de se moquer de mon incompréhension. Elle me disait également que je n'étais qu'un bébé qui cherchait à se faire consoler par quelqu'un. Je hurlai intérieurement que non, que ce n'était pas du tout ça, mais lorsque la petite voix me demanda pourquoi je ne reculais pas, je ne sus quoi lui répondre. Je cohabitais avec cette personne que je ne connaissais pas finalement, et cette personne, c'était moi-même. Il allait falloir que j'apprenne, que je me comprenne, que je fasse ma propre connaissance. À nouveau, la petite voix se mit à rire, en me disant que j'étais stupide. Peut-être bien, mais c'était ainsi que je le ressentais. Essayant de la reléguer dans les bas fonds de ma tête, je fis un gros effort, me concentrant sur la voix de Maïssan, toujours douce et gentille, et j'écoutai ce qu'elle me disait sans pour autant répondre.
Et puis elle serra ma main un peu plus fort, et je pris un peu peur à nouveau ayant un léger mouvement de recul, ma respiration accélérant à nouveau. J'avais peur que tout ce qui venait de se passer n'était qu'un leurre, et qu'elle se mette à me faire du mal. C'était sûrement stupide, mais entre le manque d'habitude, et mes expériences passées, j'avais associé ce genre de gestes à quelque chose de négatif. Malgré ma peur, il ne me fallu qu'une seconde pour comprendre que Maïssan ne me voulait pas de mal. Apparemment, c'était même le contraire. Alors je me stoppai, laissant ma main dans la sienne, mais ne parvenant pas à retirer la peur de mon regard. Je la ressentais encore. Je trouvais ironique que cela arrive à quelques secondes d'intervalle du moment ou elle me disait qu'il en fallait beaucoup pour la fâcher. J'espérais qu'elle était sincère. Et elle continua en souriant un petit peu, et en me disant que je n'avais rien à craindre, que si je me mettais à me confier à quelqu'un ici, cette personne n'irait pas le répéter. Là, j'en étais déjà moins sûre. Laisser Maïssan me prendre la main était une chose, mais raconter mes soucis à quelqu'un ici en était une autre. J'avais déjà du mal à ne pas mal réagir face à ce contact, alors ce n'était pas tout de suite que j'allais raconter ce qu'il m'était arrivé. Non. Je voulais oublier, je voulais que les cauchemars cessent, que j'arrête d'être hypervigilante à tout ce qui m'entoure. Mais dans tout ce qu'elle avait dit, ce qui m'avait le plus frappé, c'était lorsqu'elle avait mentionné qu'elle parlait par expérience. Elle avait sûrement vécu quelque chose de moche elle aussi. Je pouvais la comprendre même si je ne savais pas de quoi il s'agissait. Et intérieurement, je me disais que peut-être qu'elle aussi finirait par me parler d'elle-même. Après tout, n'est-ce pas le principe d'une conversation ou d'une relation, quelle qu'elle soit ?! La réciprocité. On verrait bien. J'étais ici pour un moment apparemment, et j'allais sûrement la recroiser. Bizarrement, j'en avais même envie. Mais pour le moment, Maïssan devait sûrement attendre une réponse à ce qu'elle venait de dire, et ayant compris que le mensonge ne fonctionnait pas du tout avec elle, je décidai d'être sincère.
« J'y réfléchirai... même si je n'y crois pas. Parler de ce qui m'amène ici, ça m'aidera pas. Je ferai toujours les mêmes cauchemars ou je me réveille en hurlant, j'aurai tout le temps peur, comme quand vous avez pris ma main. Donc ça changera rien. Mais j'y penserai à ce que vous avez dit. »
Posant l'arrière de ma tête contre le meuble, je soupirai une fois. Ce n'était pas si facile que ça d'être sincère, ça faisait peur ça aussi.
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